Type
BrèveDate
Mots clés
enfance / droit de l'enfant ; minorités / vulnérabilités ; non entrée en matière (NEM) ; renvoi / expulsionPartager
Renvoi vers la Grèce : risque accru de traitement inhumain
Grèce, 26.04.2026 – Le rapport produit par le Refugee Support Aegan fait état de la situation difficile des personnes bénéficiant d’une protection internationale en Grèce. Entre conditions bureaucratiques insolubles, la crise du logement et de nombreuses restrictions à l’accès au soin, la situation des personnes sous protection internationale est préoccupante. À titre d’exemple, après 30 jours ces personnes sont contraintes de quitter les camps d’accueil, malgré le manque de structure pour les personnes sans-abri. L’État grec attend une autonomie et une autosuffisance immédiate de la part des personnes sous protection internationale. Les départs sont maintenus, même en cas de vulnérabilité, mettant certaines personnes face à à un risque accru de violence, de traite d’être humain, etc.
En outre, la Grèce fait face à une importante crise du logement. Ainsi, l’obtention d’un logement est conditionnée à de nombreuses demandes, quasiment inatteignables pour les personnes réfugiées reconnues renvoyées en Grèce.
L’augmentation des retours vers la Grèce en provenance de pays membres de l’UE et de l’espace Schengen ne fait qu’accroître cette situation déjà précaire. En 2025, la Grèce a reçu 9’179 demandes de réadmission, alors qu’en 2024 se chiffre était de 2’468. Par conséquent, l’extrême précarité et le sans-abrisme s’accentuent avec l’augmentation de ces retours. De plus, les personnes sous protection n’obtiennent aucune aide sociale de l’Etat grec.
L’OSAR dénonce un récent arrêt du TAF (n°D-2590/2025 du 11 septembre 2025) concluant que le renvoi de famille et d’enfant vers la Grèce est une possibilité réelle. En effet, les aspects évoqués ci-dessus, rendent cette décision surprenante, particulièrement car concernant des groupes vulnérables. En outre, les renvois vers la Grèce se trouvent incompatibles avec l’art. 3 CEDH (en cas de renvoi) en raison du risque de traitement dégradant et inhumain (voir par exemple la décision du Tribunal administratif de Hanovre du 18 décembre 2025 15 A 3217/25).
Sources: Refugee Support Aegan, «Recognised refugees in Greece – 2026. New report: Access of beneficiaries of international protection to documents and socio-economic rights», 26.04.2026; humanrights.ch, «Le renvoi de familles vers la Grèce facilités par une nouvelle décision du Tribunal administratif fédéral», 02.02.2026; osar.ch, «Grèce».
Voir également: ODAE romand, «Le Tribunal administratif fédéral tranche en faveur du renvoi en Grèce d’une famille», brève, 02.02.2026 ; ODAE romand, «La Grèce condamnée par la CourEDH», brève, 01.02.2025; ODAE romand, «Défaillances systémiques en Grèce: le TAF annule un transfert Dublin», brève, 14.08.2025; ODAE romand, «Trop vulnérable pour être renvoyée en Grèce selon le TAF»,brève, 17.04.2024.