L’UDC attaque le droit à l’accès aux soins des requérant·es d’asile et des étranger·ère

Berne, 02.09.2025 Lors d’une conférence de presse traitant de la prétendue explosion des coûts de la santé des personnes étrangères, l’UDC a proposé de faire payer davantage ces dernières et de limiter l’accès aux soins pour les requérant·es d’asile. asile.ch dément les déclarations et les chiffres avancés par l’UDC et remet les faits en perspective: 

  • Les requérant·es d’asile sont responsables de moins de 1% des coûts à la charge de l’assurance obligatoire des soins, comme le rapporte une enquête réalisée par l’Office fédéral de la santé publique en 2021 (voir: réponse à la motion 24.3752).
  • Les assuré·es de nationalité étrangère coûtent en moyenne moins cher que les Suisses, d’après une étude de l’Office fédérale de la statistique sur les Coûts à la charge de l’assurance obligatoire des soins selon la nationalité des assurés pour la période 2019–2022.
  • L’arrachage de dents comme option privilégiée de soins dentaires: une enquête publiée durant l’été 2025 par Watson montre que les requérant·es d’asile ainsi que les personnes titulaires d’un permis F ou S sont souvent contraintes à l’extraction dentaire faute de moyens pour un traitement adéquat. Ces faits contredisent les affirmations infondées de la motion 24.4292 selon lesquelles des personnes «profiteraient» du système d’asile pour se faire soigner les dents en Suisse aux frais du contribuable.
  • Les personnes demandant l’asile en Suisse ont droit aux soins de base via la LAMal, mais l’accès à un système de soins et de médicaments spécifiques est souvent restreint. Dans les CFA, des lacunes importantes ont été relevées, notamment en santé mentale. Une fois attribuées à un canton, les personnes n’ont aucun choix concernant l’assurance ou le modèle de soins, les cantons pouvant en limiter l’accès en vertu de la loi. Dans certains cas, un passage préalable par un·e assistant·e social·e ou un·e infirmier·e est requis avant de consulter un·e médecin. Des rapports ont par ailleurs relevé de graves défaillances dans la prise en charge cantonale.
  • L’inexigibilité du renvoi et l’admission provisoire pour motifs médicaux ne concerne qu’une centaine de cas par an. En 2024, 90 personnes ont reçu une admission provisoire (permis F) pour raisons médicales en Suisse. Seuls les cas médicaux graves sont concernés, et uniquement lorsqu’un traitement médical n’est pas accessible dans le pays d’origine ou de provenance. Contrairement aux accusations de tourisme médical, rappelons que le droit suisse prévoit déjà que «La seule absence de possibilité de traitement médical conforme aux standards suisses dans le pays d’origine ou de provenance ne rend pas l’exécution du renvoi inexigible».

Sources: asile.ch, «Asile et santé: démêler le vrai du faux», 01.09.2025 ; 24heures, «L’UDC veut réduire l’accès des immigrés au système de santé», 02.09.2025 ; le Temps, «Pour réduire les coûts de la santé, l’UDC vise les étrangers. A tort ou à raison», 03.09.2025. 

Voir également: ODAE romand, «CFA: une prise en charge psychiatrique insuffisante des requérant∙es d’asile», brève, 30.06.2022 ; ODAE romand, «Les conditions d’accueil mettent en péril la santé mentale des réfugié∙e∙s», brève, 11.11.2017.

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