Les conditions d’accueil mettent en péril la santé mentale des réfugié∙e∙s

Le 19 octobre 2017, l’Université de Genève a publié un communiqué de presse présentant une étude sur les conditions d’accueil dans les pays de l’UE et leur impact sur la santé mentale des requérant∙e∙s d’asile et des réfugié∙e∙s . Cette synthèse de dix ans de recherche a été menée par des chercheuses des Universités de Genève et de Neuchâtel. Elle révèle que les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (PTSD) liés aux possibles traumatismes vécus par les migrant∙e∙s sont aggravés, ravivés voire même causés par les conditions d’accueil difficiles qui leur sont réservées. Entre l’exigence d’une rapide intégration et un statut précaire faisant obstacle à cette même intégration, ils et elles font face à des injonctions contradictoires, facteurs d’anxiété. C’est notamment le cas des titulaires de permis F qui, malgré des séjours durables en Suisse, peinent à s’intégrer sur le marché du travail comme le souligne le rapport de l’ODAE romand « Permis F : admission provisoire ou exclusion durable ».

Sources : Communiqué de presse de l’Université de Genève, 19 octobre 2017, Rapport « Permis F : admission provisoire ou exclusion durable ? »

Cas relatifs

Cas individuel — 03/04/2012

L’inaccessibilité des soins n’empêche pas
l’ODM de prononcer son renvoi

« Nadège » vit en Suisse depuis 2003. Atteinte du VIH, elle redoute, en cas de renvoi au Cameroun, de subir le même sort que son frère, sa sœur et sa nièce, morts du Sida. Les rapports d’enquête attestant de l’inaccessibilité des soins et de l’impossibilité pour sa famille de l’accueillir et la soutenir n’empêchent pas les autorités de prononcer son renvoi.
Cas individuel — 20/12/2011

Une rescapée de Srebrenica est renvoyée
malgré de graves problèmes psychiques

« Halida », rescapée du massacre de Srebrenica, demande l’asile en Suisse en 2000 alors qu'elle a à peine 18 ans. 11 ans plus tard, malgré ses troubles psychiques et la naissance d'un bébé, l’ODM puis le TAF vont prononcer son renvoi (et celui de son nouveau-né) vers la Bosnie. Elle n'y a pourtant quasiment plus de repères ni de réseau familial ou social.
Cas individuel — 24/08/2009

L’ODM affirme que les soins sont possibles, mais il ne cite aucune source

Le diagnostic est clair : « Alana » souffre d’un état de stress post-traumatique et le risque de suicide est élevé. L’ODM ordonne néanmoins le renvoi, sans aucune vérification quant aux possibilités de soins au Kosovo. Une décision cassée par le TAF. Le DFJP projette de faire porter le fardeau de la preuve au requérant. Qu’adviendrait-il de personnes comme « Alana »?