L’Hospice général rouvre les abris PC pour loger les requérant·es d’asile

Genève, 09.12.2025 – Fin novembre, l’abri de la protection civile de Balexert géré par l’Hospice général ouvre ses portes pour y héberger une soixantaine de requérant·es d’asile. Cela faisait près de sept ans, depuis 2015 et les mobilisations sociales contre l’utilisation des bunkers (voir notre brève), que l’utilisation des abris PC pour y loger des personnes avait pris fin dans le canton. Seuls deux abris PC avaient été loués par le SEM pour servir d’extension aux Centres fédéraux d’asile, durant quelques mois.

Les conditions de vie dans les bunkers ont largement été décriées par le passé, par les personnes concernées, les militant·es et les associations: absence de fenêtres, d’air, de soleil, entassement, intimité impossible, lumières constamment allumées, absence de cuisine, etc. Rappelons que la Commission nationale de la prévention de la torture répétait en 2025: «Les installations souterraines sont problématiques en vertu des droits humains en raison du manque de lumière naturelle, de l’apport souvent insuffisant d’air frais et du manque de possibilités de retrait, et ceci même lorsqu’il n’existe pas d’autres possibilités d’hébergement.».

Sources: Coordination asile.ge, «Les abris PC rouvrent à Genève. Ils restent inhumains», 09.12.2025 ; le Courrier, «Abri PC, “un accueil indigne», 09.12.2025. 

Voir également: ODAE romand, «Visite des CFA par la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT): un rapport qui sonne les cloches», brève, 03.04.2025 ; ODAE romand «Genève rouvre des bunkers pour loger les personnes dans l’asile», brève, 13.12.2023 ; CNPT, «Rapport de la CNPT au Secrétariat d’État aux migrations (SEM) sur ses visites dans les centres fédéraux d’asile (CFA) de la région d’asile Suisse romande de février à juin 2024», 31.03.2025.

Cas relatifs

Cas individuel — 11/02/2025

Mineure, elle obtient une transformation de permis F en B pour respect de la vie privée

Dara* est au bénéfice d’une admission provisoire depuis près de 7 ans lorsqu’elle dépose une demande d’autorisation de séjour, rejetée par le canton. Dara* interjette alors un recours auprès de la Cour administrative cantonale, puis du Tribunal fédéral (TF). Bien que mineure, le TF lui reconnait la possibilité de faire une telle démarche sans passer par ses représentant·es légaux·ales. Le TF admet ensuite le recours et renvoie la cause au SPoMI pour délivrance d’une autorisation de séjour (permis B).
Cas individuel — 08/10/2024

Coincé en Suisse sans liberté de mouvement parce que le SEM et le TAF estiment qu’il n’a pas su prouver son identité

Félicien*, originaire du Soudan du Sud, vit en Suisse au bénéfice d’un permis B (Cas de rigueur), obtenu à la suite d’un accident qui l’a rendu paraplégique. Bien qu’enregistré par le SEM comme ressortissant soudanais, Félicien* n’a aucune pièce d’identité ni autre document d’état civil national démontrant son origine: il lui est donc impossible de voyager. Après avoir en vain tenté de se faire établir un passeport soudanais, il demande un passeport pour étrangers auprès des autorités suisses. Le SEM rend une décision négative à sa demande, au motif qu’il est de la responsabilité de Félicien* de démontrer son identité. Saisi par recours, le TAF confirme la décision du SEM, considérant que Félicien* n’a pas démontré que les autorités de son pays d’origine auraient prononcé à son endroit un refus formel, définitif et infondé.
Cas individuel — 13/08/2024

Plus de 30 ans en Suisse, à l’AI, âgé de 64 ans : aucune perspective pour un permis B

Albert* dépose des demandes de transformation de son permis F en permis B, mais se les voit refusées, au motif que son intégration ne serait pas réussie. Un jugement qui enlève à Albert, aujourd’hui âgé de 64 ans et reconnu en incapacité totale de travail par l’assurance invalidité, toute possibilité de régularisation future de son statut de séjour en Suisse.
Cas individuel — 25/01/2024

Javier* et Lilian*, expulsé·es suite à un accident de travail sur un chantier

Cas 455 Victime d’un accident de travail, Javier* est reconnu invalide par l’AI. Les autorités ordonnent cependant son renvoi de Suisse ainsi que celui de son épouse. Elles ne lui reconnaissent pas le droit de demeurer en Suisse, considérant qu’il n’avait pas la qualité de travailleur au moment de son accident puisqu’il ne totalisait pas une année de travail en Suisse. La lenteur de la procédure et la décision d’expulsion impacte la santé mentale de Javier* qui souffre déjà d’autres problème de santé. Son épouse Lilian* cumule des emplois de nettoyages peu rémunérés et instables mais les autorités leur refusent un permis de séjour sur cette base, arguant qu’il s’agit d’«activités marginales et accessoires».