Enquête sur l’incendie au foyer des Tattes: un verdict controversé

Genève, 13.04.2021 – Il y a plus de 6 ans, dans la nuit du 16 au 17 novembre 2014, un incendie ravageait l’un des bâtiments du foyer des Tattes, coûtant la vie à un résident et infligeant des blessures graves à de nombreux autres suite à leurs défenestrations (voir notre brève). Une enquête judiciaire avait été ouverte et plusieurs plaintes pénales pour négligence avaient été déposées. Le verdict était vivement attendu par les associations de soutien aux personnes en exil. En 2019, elles avaient accroché une plaque commémorative sur le mur du bâtiment concerné.

Le 12 avril 2021, le Ministère public a bouclé son enquête en blanchissant l’Etat, la société chargée de la sécurité du foyer et l’Hospice général, en charge de la gestion du centre. Selon l’acte d’accusation, quatre personnes vont être poursuivies: deux résidents du foyer et deux employés de la société de sécurité. Le procès n’est pas encore planifié à ce jour. De leur côté, les avocates de plusieurs plaignants ont fait appel devant la Chambre de recours contre l’ordonnance de classement et demandent que l’Hospice général et son responsable sécurité incendie soient poursuivis.

Par un communiqué, l’association Solidarité Tattes a réagi contre ce verdict qu’elle juge incorrect. Selon elle, la situation du foyer en 2014, surpeuplé et défectueux, fait partie des causes principales de la catastrophe, de même que la mauvaise application des procédures anti-incendie. D’après le collectif, ces aspects du drame ne sont pas pris en compte par le Ministère public.

Sources : Le Courrier, «Quatre personnes jugées pour l’incendie des Tattes», 12.04.2021 ; Tribune de Genève,  «Deux agents de sécurité et deux résidents accusés», 12.04.2021.

Voir également : ODAE romand, «Incendie aux Tattes : la Coordination asile.ge exprime sa solidarité et ses questionnements», brève, 19.11.2014 ; ODAE romand, «Genève: Renvoi par vol spécial d’un rescapé de l’incendie des Tattes», brève, 18.12.2014 ; ODAE romand, «Un collectif de citoyens s’oppose aux renvois des victimes de l’incendie des Tattes», brève, 17.02.2015 ; Vivre ensemble, «Solidarité Tattes | 6 ans après l’incendie», 17.11.2020 ; Vivre ensemble, «Incendie des Tattes | Révélateur d’une déshumanisation», 07.04.2015.

Cas relatifs

Cas individuel — 18/07/2022

Menacé de renvoi Dublin par la Suisse, il doit survivre dans la clandestinité

Franck* a fui son pays natal en raison de son orientation sexuelle. Arrivé en Suisse, il est frappé d’une décision de renvoi Dublin vers l’Italie et entre dans la clandestinité. Au cours de sa procédure d’asile, comme dans la clandestinité, Franck* est confronté à des conditions de vie difficiles.
Cas individuel — 11/05/2022

Après avoir subi des persécutions LGBTIQphobes dans son pays, il doit survivre en Suisse

Témoignage. Franklin* demande l’asile en Suisse au motif de nombreuses persécutions LGBTIQphobes subies dans son pays d’origine. Son parcours pour obtenir l’asile en Suisse est émaillé d’attaques homophobes dans ses lieux de vie.
Cas individuel — 25/04/2022

Une femme trans* subit des persécutions LGBTIQphobes en Suisse

Témoignage. Une femme trans* obtient l’asile en Suisse au motif de nombreuses persécutions LGBTIQphobes subies dans son pays d’origine. Son parcours pour obtenir l’asile en Suisse est émaillé de discriminations dans sa prise en charge et d’agressions transphobes dans ses lieux de vie.
Cas individuel — 12/11/2020

Transformation de F en B : procédure bloquée à cause d’un passeport manquant

Abdela* est né en Éthiopie de parents érythréen·ne·s. Après avoir obtenu une admission provisoire, il dépose une demande de transformation de son permis F en permis B devant le Service de la population (SPOP) du canton de Vaud. Pour accéder à sa requête, le SPOP exige qu’Abdela* présente un passeport. Pourtant, son identité et sa nationalité érythréenne ont été confirmées dans un jugement du TAF et ni la loi ni les directives du SEM ne posent cette exigence.