Centre fédéral d’asile de Boudry: Droit de Rester dénonce des mauvais traitements

Neuchâtel, 13 mars 2021 – Le collectif Droit de Rester Neuchâtel (DDR) a adressé une lettre ouverte au SEM afin de signaler de graves atteintes aux droits humains dans le Centre fédéral d’asile (CFA) de Boudry. L’association dénonce une augmentation depuis plusieurs mois du nombre de mauvais traitements infligés aux résident∙e∙s du centre de la part de certain·e∙s employé·e∙s de Protectas, l’entreprise privée chargée de la sécurité : comportements racistes, insultes homophobes, abus de pouvoir, gestion catastrophique des conflits, placages au sol, etc.

Certaines de ces pratiques ont déjà été dénoncées par DDR lorsqu’un requérant d’asile avait été enfermé dans un container non chauffé et insalubre jusqu’à devoir être transporté aux urgences en état d’hypothermie. Dans sa lettre, le collectif affirme que ce cas n’est pas isolé ; il parle d’un système punitif qui privilégie la sécurité et l’enfermement plutôt que l’encadrement et le respect des droits humains. Toutefois, les résidant·e∙s du CFA ont trop peur de porter plainte, craignant de devoir recroiser les agent·e∙s de sécurité et de subir des répercussions sur leur demande d’asile. Les signataires de la lettre rappellent également que  plusieurs tentatives de suicides ont eu lieu dans le CFA et les mettent en lien avec les dysfonctionnements dans l’encadrement.

DDR réclame l’ouverture d’une enquête indépendante, afin d’établir les faits en toute objectivité. Le collectif appelle à ce que des mesures concrètes soient prises, telles que l’engagement en nombre suffisant de professionnel·le∙s du travail social et de la santé, la suppression des containers d’isolement, une révision complète du système de sanctions, ou encore l’arrêt de la privatisation des services dans les CFA. L’association rappelle les violences dénoncées dans d’autres CFA (dans les Centres de Giffers, et de Bâle) et demande l’ouverture des CFA aux organisations et à la société civile.

Sources : Asile.ch, «Droit de Rester NE | Droits humains gravement violés à Boudry», 12.03.2021 ; Swissinfo, «Le Centre d’asile de Boudry accusé de maltraiter des personnes migrantes», 13.03.2021 ; Forum, «Les droits humains sont-ils bafoués dans les centres fédéraux d’asile? Interview de Denise Graf», 13.03.2021.

Voir également : ODAE romand, «Centre fédéral de Boudry: un requérant d’asile laissé en état d’hypothermie», brève, 18.02.2021 ; ODAE romand, «Centres fédéraux d’asile : la CNPT pointe du doigt la gestion des violences et le personnel de sécurité», brève, 25.01.2021 ; ODAE romand, «Centres fédéraux d’asile : l’envers du décor», brève, 10.12.2020 ; ODAE romand, «CFA de Giffers : des ONG dénoncent des violences envers les requérant·e·s d’asile», brève, 19.06.2020 ; Asile.ch, «Le Courrier | Violences à Chevrilles», 23.06.2020 ; 3 Rosen Gegen Grenzen, «Securitas-Gewalt im Lager Basel» ; humanrights.ch, «Les requérant·e·s doivent davantage être protégé·e·s des violences subies dans les Centres fédéraux d’asile».

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Cas individuel — 01/06/2026

Malgré 19 ans passés en Suisse et quatre enfants nés ici, il est menacé d’expulsion

Ousmane* et Amy* vivent en Suisse sans statut de séjour, avec leurs quatre enfants, tous nés en Suisse. Depuis son arrivée en 2007, Ousmane* a toujours travaillé. Pour pallier les difficultés à trouver un emploi sans permis, il se procure de faux papiers d’identité en France qui lui permettent d’obtenir un permis frontalier. Il parvient ainsi à subvenir aux besoins de sa famille. Mais l’utilisation de faux documents est découverte et il est condamné, en 2016, à une peine pécuniaire avec sursis. En 2022, après 15 ans de séjour en Suisse, il dépose une demande de régularisation, rejetée par les autorités cantonales et fédérales au motif d’une condamnation d’Ousmane* en 2016 et d’une condamnation pour séjour et travail illicites de Amy*. Le couple obtient seulement une autorisation de courte durée pour pouvoir se marier, mais un ordre d’expulsion de toute la famille leur est adressé dès leur mariage conclut. Un recours est actuellement en examen à la CourEDH.
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Un couple avec enfant doit se battre pour se voir reconnaître son droit au mariage et au regroupement familial

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Cas individuel — 30/01/2024

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«Je n’ai pas de permis, je dois donc me battre à deux niveaux: pour ma situation administrative et pour ma santé.» Atteint d’une maladie grave qui affecte le système nerveux, Badri* est venu en Suisse afin d’être soigné car il ne pouvait pas l’être en Géorgie. Il demande l’asile, mais sa requête est rejetée par le SEM qui ordonne son renvoi. Badri perd peu à peu son autonomie, son corps se paralyse. Une opération en 2021 lui redonne une mobilité partielle, mais il a besoin d’un suivi médical pluridisciplinaire régulier. Il demande alors le réexamen de la décision du SEM en démontrant l’absence de soins en Géorgie, mais il reçoit à nouveau une réponse négative. Depuis sept ans, Badri survit donc avec une aide d’urgence de 275 CHF/mois.