Arrivé en Suisse en 1998, admis provisoirement en 2004, « Asmir » souhaite se rendre en Bosnie pour une visite à sa grand-mère, tombée gravement malade. Son statut ne l’autorise pas à sortir de Suisse sans un visa de retour que l’ODM refuse de lui délivrer car la législation ne prévoit l’octroi d’un tel visa que dans des cas strictement définis. Parmi ceux-ci, l’
art. 5 al. 2 let. a ODV mentionne bien le cas de « maladie grave ou de décès d’un membre de la famille », mais l’
art. 5 al. 3 ODV considère comme membres de la famille les seuls parents, frères et sœurs, les époux et leurs enfants. La grand-mère ne compte pas.
Saisi d’un recours, le TAF ne fait que confirmer la position de l’ODM, alors que le mandataire contestait la base légale et la conformité au droit supérieur de l’art. 5 ODV. Admis provisoirement, le recourant ne dispose d’aucun droit de présence assuré en Suisse. Il ne saurait donc se prévaloir du droit au respect de la vie familiale que protège l’
art. 8 CEDH. Les visites prévues ne sauraient être autorisées qu’à l’égard des plus proches parents, et la grand-mère ne fait pas partie de la famille au sens de la législation. Eu égard au statut précaire accordé à l’intéressé, le refus de l’ODM ne constitue pas une atteinte disproportionnée à sa liberté personnelle.
Le même jour, et de la même façon, deux jeunes Kosovars de 17 et 19 ans, arrivés en Suisse douze ans plus tôt, se voient aussi refuser la possibilité d’aller revoir leur grand-mère avant son décès. Compte tenu des limitations qu’implique le statut d’admis provisoire en ce qui concerne la possibilité d’effectuer des voyages à l’étranger, et en dépit du désir compréhensible des intéressés, la délivrance d’un visa est exclue par l’ODM puis par le TAF. On ne saurait non plus appliquer une autre clause du même article 5 ODV (al. 3 let. b) qui envisage l’octroi d’un visa de retour « pour le règlement d’affaires importantes, strictement personnelles et ne souffrant aucun report », car la pratique ne comprend par ces termes que des démarches d’ordre juridique.
Signalé par : site Web du TAF.
Sources : décisions TAF du 16 octobre (
C-1097/2006 et
C-1095/2006)