Rescapée de Srebrenica, « Danica » vit en Suisse avec ses deux enfants depuis 1995. En 2000, elle a obtenu une admission provisoire. Ce statut précaire lui interdit d’aller à l’étranger sans un « visa de retour » attribué par l’Office fédéral des Migrations (
ODM). En 2006, elle demande à pouvoir rendre visite à sa sœur, exilée aux Etats-Unis. Celle-ci est l’unique membre de sa famille encore en vie, et les deux sœurs ne se sont plus vues depuis plus de dix ans. L’
ODM refuse en expliquant que les critères légaux de l’
art. 5 ODV ne le permettent pas. Cette liste est exhaustive et le cas de « Danica » n’est pas considéré comme « important, personnel et urgent ». Sur recours, le Tribunal administratif fédéral (
TAF) confirme la position de l’ODM. Son arrêt du 17.7.2007 reconnaît que le souhait de « Danica » est compréhensible. Il souligne cependant que l’ODV en vigueur depuis 2004 est plus restrictive que l’ancienne. Le
TAF estime par ailleurs que « Danica » ne peut se prévaloir de l’
art. 8 CEDH, invoqué dans le recours, car cet article, qui garantit le respect de la vie familiale, ne s’applique selon la jurisprudence qu’à la famille au sens étroit (famille nucléaire). Le fait que la sœur soit le dernier membre de la famille proche encore en vie n’est aux yeux du TAF pas en mesure d’assouplir l’appréciation du cas. Le refus d’accorder un visa de retour à « Danica » est ainsi confirmé « au vu de la pratique restrictive voulue par le législateur ».