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L’UE approuve des centres de détention et de renvoi en dehors de ses frontières

Bruxelles, 04.06.2026 – Les eurodéputé·es et les gouvernements européens viennent de franchir une nouvelle étape dans le durcissement de la politique migratoire de l’Union européenne. Un accord, conclu début juin 2026, ouvre la voie à la création de centres de rétention hors des frontières de l’UE, où pourront être envoyées des personnes exilé·es. Comme il s’agit d’un développement de l’acquis Schengen, la Suisse devra mettre en œuvre cette législation dans son droit national dans les deux ans. 

Cette mesure est dénoncée par de nombreuses organisations de défense des droits humains, qui y voient une externalisation des responsabilités européennes et une remise en cause du droit d’asile. Le compromis devra être voté une dernière fois par le Parlement européen et les États membres dans les semaines qui viennent. 

Le texte prévoit également des sanctions plus strictes pour les exilé·es qui refuseraient de quitter le sol européen, notamment la saisie de documents d’identité ou une durée de détention pouvant aller jusqu’à 24 mois. 

Certains pays européens comme le Danemark, l’Autriche ou l’Allemagne commencent déjà à imaginer où installer ces centres, par exemple au Rwanda, en Ouganda ou en Ouzbékistan. L’Italie avait par ailleurs déjà tenté de renvoyer des personnes exilé·es, sans même qu’elles aient pu demander l’asile, vers l’Albanie, où un centre de renvoi avait été construit moyennant financement. 

Le Royaume-Uni avait quant à lui approuvé, via son Parlement en avril 2024, un projet de loi permettant l’expulsion vers le Rwanda de demandeur·ses d’asile entré·es illégalement sur le territoire. Avant cela, en juin 2021, le Danemark a conclu un Protocole d’entente avec le Rwanda, et adopté une loi lui permettant d’externaliser l’examen de la demande d’asile, en transférant les demandeur⋅ses qui seraient déjà arrivé⋅es sur son territoire vers des centres situés hors UE, moyennant finances. 

Loin d’être une nouveauté, cette logique d’externalisation des frontières s’impose progressivement comme un pilier des politiques migratoires européennes, au mépris des droits fondamentaux des personnes en exil.

Sources: rts.ch, «L’UE autorise la création de centres de renvoi des migrants à l’étranger», 02.06.2026 ; le Courrier, «L’UE s’accorde pour durcir sa politique migratoire», 02.06.2026 ; rts.ch, «La Suisse devra créer des centres de renvoi de migrants à l’étranger»,03.06.2026 ; blick.ch, «La Suisse pourra participer aux centres de renvoi des migrants», 02.06.2026; radio-canada.ca, «Le Parlement britannique adopte le projet sur l’expulsion de migrants au Rwanda», 23.04.2024 ; reuters.com, «Denmark passes law to process asylum seekers outside Europe», 03.06.2021.

Voir également: ODAE romand «L’Union européenne durcit (encore) sa politique migratoire», brève, 08.12.2025, ODAE romand, «”Hotspots” en bordure d’Europe: l’incarcération de la migration», brève, 08.07.2025 ; ODAE romand, «Nouveau Pacte européen: un pas plus loin hors de l’asile?», brève, 23.05.2024 ; ODAE romand, «Pacte européen anti-asile: la Suisse fait un pas de plus vers la fermeture de l’accueil», 01.07.2025.