Échec des Centres fédéraux d’asile: le SEM cherche des voies de secours

Berne, janvier 2026 – Le dysfonctionnement intrinsèque au système des Centres fédéraux d’asile (CFA) n’est plus à démontrer (voir notre brève). Tacler suite à des violences commises par les personnes chargées de l’encadrement dans les CFA sur les personnes en demande d’asile, le SEM tente de rebondir. Deux nouvelles propositions: un nouveau plan d’hébergement et un mandat – financé par les autorités – pour enregistrer les plaintes adressées par les personnes hébergées dans les CFA à l’encontre… des autorités. Un mandat d’ores et déjà considéré comme insuffisant par les associations de terrain.

Sources: admin.ch, «Nouveau plan d’hébergement pour soulager les centres fédéraux pour requérants d’asile», 17.12.2025 ; le Courrier, «Signaler les dysfonctionnements de l’asile», 18.01.2026 ; Solidarité sans frontières, «Mesures insuffisantes contre la violence dans les CFA», 21.01.2026.

Voir également: ODAE romand, «CFA du Grand-Saconnex: les conditions de vie pointées du doigt», brève, 05.11.2025 ; ODAE romand, «Pacte européen sur l’asile: les associations tirent la sonnette d’alarme», brève, 14.11.2024.

Cas relatifs

Cas individuel — 19/01/2026

Le Tribunal cantonal reconnait un retrait de permis abusif, le Service de la population ayant présagé d’un recours à l’aide sociale

Zaprian*, ressortissant bulgare, vient travailler en Suisse en 2017 avec un permis B UE/AELE. Il est bientôt rejoint par sa femme Stanka*, originaire de Macédoine. Il fait une courte période de chômage en 2019 puis retrouve un emploi. En décembre 2020, il perçoit à nouveau les indemnités du chômage, jusqu’à la fin de son droit en décembre 2023. En 2024, alors âgé de 63 ans, il touche une rente-pont cantonale. En avril 2025, le Service cantonal de la population annonce le retrait du permis B du couple, au motif que Zaprian* aurait perdu le droit de demeurer. Le couple dépose un recours auprès du Tribunal cantonal. Celui-ci leur donne gain de cause en décembre 2025, au motif que, bien que Zaprian* avait effectivement perdu la qualité de travailleur, les revenus du couple sont suffisants pour vivre sans aide sociale.
Cas individuel — 03/12/2025

Son traitement médical est interrompu à cause d’un manque de communication entre les autorités fédérales et cantonales

Le traitement médical de Zeynep* est interrompu lors de son transfert du Centre fédéral d'asile au canton auquel elle est attribuée, en raison d'un manque de communication autour de ses besoins médicaux et de l'absence de vérification que les soins nécessaires sont disponibles dans le canton.
Cas individuel — 09/09/2024

Le TAF suspens le renvoi d’un Palestinien vers le Liban en raison des coupes budgétaires infligées à l’UNRWA

Palestinien originaire du camp de réfugié·es de Rashidieh au Sud-Liban, Tareq* dépose un recours contre le rejet de sa demande d'asile, prononcé par le SEM en février 2024. Dans son arrêt du 16 mai 2024, le TAF reconnait que le SEM aurait du tenir compte de la récente détérioration de la situation au sud du pays depuis le 7 octobre 2023, ainsi que celle de la situation financière de l’UNRWA, affectée par de nombreuses coupures budgétaires. Le TAF admet partiellement le recours et renvoie l’affaire au SEM pour une nouvelle décision.
Cas individuel — 25/01/2024

Javier* et Lilian*, expulsé·es suite à un accident de travail sur un chantier

Cas 455 Victime d’un accident de travail, Javier* est reconnu invalide par l’AI. Les autorités ordonnent cependant son renvoi de Suisse ainsi que celui de son épouse. Elles ne lui reconnaissent pas le droit de demeurer en Suisse, considérant qu’il n’avait pas la qualité de travailleur au moment de son accident puisqu’il ne totalisait pas une année de travail en Suisse. La lenteur de la procédure et la décision d’expulsion impacte la santé mentale de Javier* qui souffre déjà d’autres problème de santé. Son épouse Lilian* cumule des emplois de nettoyages peu rémunérés et instables mais les autorités leur refusent un permis de séjour sur cette base, arguant qu’il s’agit d’«activités marginales et accessoires».