8 ans et demi à l’aide d’urgence : une mère de famille témoigne

« Je suis en Suisse depuis 8 ans et demi maintenant, toujours sans rien, sans statut et sans perspectives. » Ces paroles, recueillies par le collectif Droit de rester, proviennent du témoignage d’une mère de famille d’origine érythréenne vivant à l’aide d’urgence (l’aide d’urgence est octroyée aux personnes déboutées de l’asile, qui sont privées du droit de percevoir l’aide sociale et de travailler en vertu des articles 81 et 82 de la Loi sur l’asile). Cette femme vit avec son mari et ses deux enfants, dont un en bas âge. Elle souligne les contraintes quotidiennes auxquelles elle est confrontée et son sentiment d’impuissance face à cette situation. Une telle précarité risque d’avoir des conséquences graves sur leur état de santé physique et psychique, notamment pour les enfants. Les coûts à long terme ne seront-ils pas encore plus importants ? Ce régime de l’aide d’urgence, qui plus est sur une longue durée, ne constitue-t-il pas une violation des obligations de la Suisse envers les enfants (art. 3 CDE intérêt supérieur de l’enfant) ?

Sources : collectif Droit de rester, Aide d’urgence : seulement survivre, 17 décembre 2017; sur le même sujet, voir la brève du 13.06.2014.

Cas relatifs

Cas individuel — 16/06/2014

Malgré sa collaboration,
l’OCPM le fait arrêter dans ses locaux

Après 10 années passées en Suisse et le rejet définitif de sa demande d’asile, le Togolais « Dodji » est arrêté à l’OCPM en vue de l’établissement d’un laissez-passer et de son renvoi avec épouse et enfants. Saisis, les juges cantonaux jugent cette arrestation disproportionnée.
Cas individuel — 07/05/2014

Malgré l’impossibilité du renvoi, une famille passe 4 ans à l’aide d’urgence

Menacé en Palestine, « Issam » prend la fuite avec sa femme « Samra ». La Suisse leur refuse l’asile en 2003, décision confirmée sur recours en 2009. L’ODM, informé dès 2009 que le retour en Cisjordanie est rendu impossible par les accords d’Oslo, ne statue sur leur demande de réexamen qu’en avril 2014, malgré les graves problèmes psychiques de « Samra ». En attendant, le couple et ses 3 enfants seront restés 4 ans à l’aide d’urgence.
Cas individuel — 12/07/2011

Un geste désespéré qui aurait pu être évité

« Ribkha », jeune femme érythréenne de 21 ans, demande l’asile en Suisse. Elle est renvoyée en Italie (renvoi Dublin). Sans aucun moyen de subsistance dans ce pays, elle revient en Suisse. Parfaitement informées de sa fragilité psychique, les autorités suisses décident de la renvoyer à nouveau. Au moment où arrive la police, « Ribkha » saute depuis le balcon du 3ème étage.