Vaud: coupes budgétaires dans le domaine de l’asile en 2026, les soignant·es et des collectifs se mobilisent

Vaud, 08.11.2025 – Le canton est sous le feu des projecteurs et pour cause: le budget 2026 comprendrait une coupe de 20 millions dans le domaine de l’asile. Ces nouvelles mesures inquiétantes ont été annoncées par le canton, comme la réduction de logements individuels pour les personnes à l’aide d’urgence, l’augmentation du nombre de lits par chambre dans les foyers… Dans une lettre ouverte, les professionnel·les de la santé alertent sur l’impact des conditions de vie sur la santé des requérant·es. Iels avertissent du coût social et sanitaire que de telles mesures auront. Parallèlement, le collectif Droit de Rester Vaud a organisé un rassemblement devant le centre EVAM pour dénoncer les conditions d’accueil dans le canton.

Sources: 24heures, «La politique migratoire du Canton de Vaud est sous le feu des critiques», 29.10.2025 ; rts.ch, «Le Canton de Vaud critiqué pour ses économies dans l’accueil des migrants», 08.11.2025 ; le Temps, «L’Etat de Vaud accusé de trop durcir sa politique migratoire», 04.06.2025

Voir également: ODAE romand, «La santé des requérants d’asile dans le canton de Vaud pointée du doigt», brève, 04.11.2014 ; ODAE romand, «Fermeture dénoncée d’une crèche à Lausanne», 29.10.2025 ; 

Cas relatifs

Cas individuel — 04/11/2025

Par crainte d’un renvoi Dublin, il vit dans la rue, sans traitement pour son hépatite C

Dimitri* entre dans la clandestinité pour échapper à son renvoi vers l'Allemagne. Il perd son permis, se retrouve à la rue et développe de multiples dépendances. Il est diagnostiqué d'une hépatite C avec risque de cirrhose, mais ne peut pas être soigné car, en l'absence d'adresse, il ne peut pas être affilié à l'assurance maladie.
Cas individuel — 28/10/2025

En Suisse depuis 41 ans et atteint de troubles psychiques sévères, la naturalisation lui est refusée en raison d’un niveau de français insuffisant

Arrivé en Suisse en 1983 à l’âge de 15 ans, Abraham* en a 53 lorsqu’il demande la naturalisation. Il souffre de pathologies psychiques sévères – un «état dépressif sévérissime» avec diagnostic de trouble schizo-affectif pour lequel une médication lourde a dû être instaurée. Abraham* se trouve également sous curatelle de portée générale. Malgré son état de santé, le Service de la population puis le Tribunal cantonal refusent sa demande de naturalisation au motif qu’il n’a pas le niveau de français exigé (son résultat au test de langue est de 75% au lieu des 79% requis).
Cas individuel — 14/10/2025

Pour un document signé par erreur, une famille bataille plus d’un an pour des subsides à l’assurance-maladie

Adrien*, originaire d’Espagne, et Sabine* se marient en septembre 2023. Avant cela, en juin, une demande de subsides à l’assurance-maladie avait été déposée. En février 2024, l’Office cantonal refuse la demande au motif d’un document de garantie de prise en charge signé par erreur dans le cadre de la demande de permis de séjour pour Sabine* (antérieure au mariage). En mars, la famille dépose une opposition en rappelant que ce document n’aurait pas dû être signé et par ailleurs qu’il n’a pas de valeur dans le cadre de la demande de subsides formulée. Il faudra attendre encore un an pour que la famille obtienne gain de cause.
Cas individuel — 30/01/2024

"Si j’avais pu, je serais peut-être partie et j’aurais fait ma vie de mon côté."

Gina* arrive en Suisse en 2008 et reçoit un permis de séjour par regroupement familial avec son compagnon, Pedro*. Elle dépend alors entièrement du statut de ce dernier. Lorsque Pedro* rencontre des problèmes de santé qui l’empêchent de travailler, les autorités informent le couple de leur intention de ne pas renouveler leur permis. Pedro* a pourtant travaillé durant plus de quinze ans sur les chantiers en Suisse.