Si l’UDC veut vraiment économiser alors qu’elle cesse son harcèlement

Suisse, 09.09.2025 – À force de proposer des motions pour restreindre les libertés des réfugié·es, l’UDC use et abuse des frais du contribuables en gonflant l’appareil administratif. C’est l’argument avancé par Marc Baumgartner, directeur de l’association d’aide juridique elisa-asile, dans un article paru sur le site de l’association Solidarité sans frontières (SOSF).

En effet, le parti ne cesse de proposer des motions liberticides et souvent superflues, comme la motion 24.4495 (traitée en 2025) visant une restriction de la liberté de mouvement des personnes requérantes d’asile condamnées pénalement, alors que le Code pénal, la LAsi et la LEI prévoient déjà de telles possibilités. La motion 24.4429 entend également exclure ces personnes de la procédure d’asile – ce qui est tout autant déjà réglé par la loi. De son côté, la motion  24.4588 propose de limiter le statut d’asile à deux ans et imposer au SEM des contrôles réguliers. Comme l’explique M. Baumgartner, l’asile est déjà limité à une année mais prolongé automatiquement lorsque les motifs de reconnaissance de la qualité de réfugié persistent. Ainsi, l’asile peut certes être révoqué, mais seulement si la situation dans le pays d’origine a changé de manière profonde et durable et qu’il n’existe plus de besoin de protection – ce qui est extrêmement rare.

Une révision systématique de toutes les décisions d’asile représenterait donc un effort financier et administratif colossal pour un résultat quasiment nul. Et même si l’asile est révoqué, cela n’entraîne pas automatiquement la perte de la qualité de réfugié, la Convention de Genève fixant des limites strictes. Toute décision de renvoi reste par ailleurs soumise à l’interdiction du refoulement (art. 25 Cst.; art. 32 CR ; art. 3 CEDH, art. 3 Convention contre la torture). 

Or, dans un contexte où des domaines comme l’asile, le réchauffement climatique, la coopération internationale ou encore la recherche subissent des coupes budgétaires massives, pas moins de 2.4 milliards en 2026, il paraît indécent de faire perdre du temps et de l’argent aux contribuables, sur des questions aussi futiles qu’inutiles. 

Sources: Solidarité sans frontières, «Une politique d’asile vraiment économique? Cesser de harceler les réfugié·es», 09.09.2025 ; Parlement suisse, «Économies validées dans l,asile et la formation aux États», 17.12.2025.

Voir également: ODAE romand, «L’UDC attaque le droit à l’accès aux soins des requérant·es d’asile et des étranger·ère», brève, 02.09.2025.

Cas relatifs

Cas individuel — 22/12/2025

Tout juste majeur, le SEM révoque son permis et ordonne son renvoi en Grèce

Dawood* dépose une demande d’asile en Suisse en novembre 2023, à l’âge de 17 ans. Le SEM reconnait sa vulnérabilité et lui octroie une admission provisoire. En février 2025, le SEM révoque son statut, au motif qu’il ne serait plus vulnérable puisqu’il est majeur. Dawood* recourt auprès du TAF, expliquant être très intégré à Genève, où il est notamment scolarisé, et qu’il risque, en cas de renvoi en Grèce, de se retrouver dans un état de dénuement complet sans aucune perspective. Dans sa réplique, le SEM maintient sa position, au motif que le principe de l’admission provisoire est de pouvoir être levée à tout moment. En octobre, le TAF rend finalement son arrêt, par lequel il confirme la levée du permis F de Dawood*.
Cas individuel — 17/03/2015

Admise « provisoirement » depuis 14 ans, elle obtient enfin un permis B

Titulaire d’un permis F, « Sanija », veuve suite à la guerre d’ex-Yougoslavie, à la santé fragile, essuie trois refus de se faire délivrer un permis B en raison d’un manque d’intégration. Ce n’est que grâce à un solide argumentaire de sa mandataire que les autorités acceptent de stabiliser son séjour en Suisse, après quatorze ans, par un titre de séjour.