« Paroles en exil », témoignages percutants

« La guerre s’est terminée en 2000 et nous aurions dû rentrer chez nous. Mais ils avaient un autre agenda. C’est à ce moment que les menaces et les tortures sont apparues pour nous dissuader de quitter l’armée. Avec ce service militaire devenu illimité, il y avait de nouveaux projets pour nous. (…) Nous étions les esclaves d’un groupe militaire aux commandes du pays, pour leur profit et leur plaisir. Nous avons sacrifié notre liberté en échange d’argent de poche. Eux, ils ont terrifié les gens par leurs méthodes et les ont déchirés à l’intérieur comme à l’extérieur de l’armée. »*

Bereket et Simon ont fui le service militaire de leur pays, l’Érythrée, pour demander l’asile en Suisse. Dans un petit livre, le collectif Sans Retour leur donne la parole : « une parole d’exilé∙e∙s, une parole en lutte, une parole si peu donnée à celles et ceux les mieux placé∙e∙s pour raconter leurs vies et décrire les mécanismes d’oppression à l’œuvre », explique le collectif. Bereket et Simon nous livrent leurs histoires et racontent étape après étape toutes les épreuves endurées, en quête d’asile. Après un parcours d’exil effroyable, une déception commune : celle de ne pas se voir reconnaître le statut de réfugié en Suisse.

« Je ne sais pas si aujourd’hui j’ai atteint la limite de mon espoir, ou si mon espoir décline, car cette liberté que je m’attendais à trouver, cette possibilité de vivre comme n’importe qui m’échappe. »*

Source : collectif Sans Retour, « Paroles en exil », octobre 2019.

*Extraits du témoignage de Simon

Cas relatifs

Cas individuel — 25/03/2025

Alors qu’il bénéficie d’une rente AVS, il est renvoyé de Suisse pour avoir précédemment quitté son emploi

Lisandro*, originaire d’Espagne, arrive en Suisse en avril 2013, à l’âge de 57 ans, au bénéfice d’un permis B pour activité lucrative. En 2015, le service de la population révoque l’autorisation de séjour de Lisandro* au motif que celui-ci n’exerce plus d’activité professionnelle. En octobre 2020, Lisandro* travaille à temps partiel et obtient un nouveau titre de séjour pour activité lucrative. Il résilie toutefois son contrat de travail (au 31.01.2021) et reçoit ensuite des indemnités de chômage et un complément du RI. Dès décembre 2021, ayant atteint l’âge de la retraite, il bénéficie d’une rente AVS et de prestations complémentaires. En 2023, le SPOP révoque à nouveau l’autorisation de séjour de Lisandro*. Selon l’autorité, ce dernier ne peut se prévaloir d’un droit de demeurer dès lors qu’il n’a pas travaillé durant les 12 mois précédant l’âge de la retraite. Lisandro* dépose un recours devant le Tribunal cantonal (TC). Dans son arrêt, le TC admet que Lisandro* bénéficiait bien de la qualité de travailler au moment où il a atteint l’âge de la retraite. Toutefois, il réfute le caractère involontaire de sa situation de chômage, soulignant que Lisandro* a démissionné sans autre contrat de travail ni raison de santé. Il lui reproche également d’avoir des poursuites et des actes de défaut de bien, et de percevoir des prestations complémentaires AVS, assimilées à de l’aide sociale. Le Tribunal rejette le recours de Lisandro* et confirme la décision de son renvoi.
Cas individuel — 28/11/2023

Dépendant de l’aide sociale parce qu’il est arrivé âgé en Suisse, il peine à voir son permis passer de F en B

Ghazi* a déposé une demande d’asile en Suisse à 64 ans. Il n’a ainsi pas pu cotiser 1 an à l’AVS avant d’atteindre l’âge de la retraite, ce qui l’empêche de bénéficier de la rente une fois atteints les 65 ans. De ce fait, il a dû batailler auprès du SEM pour voir son permis F transformé en permis B.
Cas individuel — 22/11/2023

Une retraite trop basse pour vivre et pas d’accès aux prestations complémentaires

Alors qu’elle a été régularisée, les autorités genevoises ne prennent pas en compte les années passées à Genève sans statut de résidence d’Emanuela*. En conséquence, cette dernière n’a pas accès aux prestations complémentaires AVS et doit continuer à travailler à l’âge de 71 ans.
Cas individuel — 12/11/2020

Transformation de F en B : procédure bloquée à cause d’un passeport manquant

Abdela* est né en Éthiopie de parents érythréen·ne·s. Après avoir obtenu une admission provisoire, il dépose une demande de transformation de son permis F en permis B devant le Service de la population (SPOP) du canton de Vaud. Pour accéder à sa requête, le SPOP exige qu’Abdela* présente un passeport. Pourtant, son identité et sa nationalité érythréenne ont été confirmées dans un jugement du TAF et ni la loi ni les directives du SEM ne posent cette exigence.