Opération Papyrus : les critères de régularisation s’appliquent aussi pour un renouvellement de permis

Le 11 septembre, Le Temps a publié un article sur un arrêt de la Chambre administrative de la Cour de justice à Genève. Celle-ci a admis le recours d’une ressortissante brésilienne qui demandait le renouvellement de son permis de séjour sur la base des critères définis dans le cadre de l’opération Papyrus. Après plus de 10 ans passés en Suisse, l’OCPM avait refusé le renouvellement de son permis suite à son divorce. Elle a invoqué l’inégalité de traitement, estimant remplir toutes les conditions demandées aux personnes sans statut légal pour obtenir une régularisation. Un argument qui a été suivi par le tribunal cantonal.

Pour rappel, le projet Papyrus est le fruit d’un accord entre associations genevoises, autorités cantonales et autorités fédérales. Il vise à faciliter la régularisation des personnes sans statut légal qui travaillent dans le canton depuis de nombreuses années, ceci afin de lutter contre la sous-enchère salariale et le travail au noir. Les critères (durée du séjour, maîtrise de la langue, respect de l’ordre juridique, emploi et indépendance financière) existaient déjà dans la loi (cas individuels d’extrême gravité art. 30 LEtr et 31 OASA), mais ils ont été clarifiés. Désormais, une personne qui les remplit est assurée d’obtenir son permis de séjour. Auparavant une large marge de manœuvre était laissée aux autorités. Craignant un refus et une décision de renvoi, de nombreuses personnes choisissaient de rester dans l’ombre.

Source : Le Temps, A Genève, les effets inattendus de l’opération Papyrus, 11 septembre 2017

Cas relatifs

Cas individuel — 05/05/2026

Employée auprès d’une mission permanente, elle est privée de rente AVS, malgré 30 ans de travail en Suisse

Dilhani* est née en 1955 et originaire du Sri Lanka. Elle travaille en Suisse depuis 2011 au bénéfice d’une carte de légitimation E en tant qu’employée d’une mission diplomatique. En 2023, son employeur ne renouvelle pas son contrat étant donné qu’elle a atteint l’âge de la retraite. Dilhani* doit déposer deux demandes auprès de l’Office cantonal des assurances sociales (OCAS) pour réussir à ouvrir son droit à une rente. Dilhani* dépose alors une demande de régularisation, dans laquelle elle résume ses revenus et sa bonne intégration. En juillet 2025, Dilhani* obtient une réponse po-sitive à sa demande de régularisation de la part du SEM et reçoit un permis B de séjour. Elle peut alors entamer les démarches pour bénéficier des prestations complémentaires AVS. En attendant, elle continue de travailler à 50%.
Cas individuel — 27/06/2011

En Suisse depuis l’âge de 7 ans, il devait savoir
que son séjour serait provisoire

« Emmanuel » vit en Suisse depuis l’âge de 7 ans avec une carte de légitimation du DFAE. Son père repart en Afrique lorsqu’il a 15 ans, et le laisse chez un collègue afin qu’il finisse sa scolarité ici. À cause de lenteurs administratives, « Emmanuel » n’obtient pas de permis B pour enfants placés, et le permis B humanitaire lui est refusé par l’ODM, puis par le TAF.
Cas individuel — 22/06/2011

Une mère somalienne seule et exilée
ne peut pas rejoindre ses filles suisses

« Jahara », exilée au Kenya suite à la guerre civile qui ravage la Somalie, souhaite venir vivre auprès de ses deux filles suisses, car ses conditions de vie, dans un camp de réfugiés, sont précaires (agressions, isolement). Mais, selon la loi, elle ne peut prétendre au regroupement familial et une demande de permis humanitaire est rejetée par l’ODM.
Cas individuel — 22/12/2009

Avoir donné une fausse identité pénalise toute la famille

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