La LSDH dénonce une politique migratoire
qui conduit au désespoir

Des tensions vives ont éclaté ce week-end dans le centre de détention administrative de Frambois, où sont enfermés des requérants d’asile déboutés ou des sans-papiers en attente d’expulsion. Dans un communiqué de presse, la Ligue suisse des droits de l’Homme (LSDH), qui se rend sur place chaque semaine, dénonce un climat alarmant palpable depuis déjà plusieurs semaines au cours desquelles des tentatives de suicide, une grève de la faim et plusieurs altercations ont eu lieu. La plupart des détenus ignorent tout sur l’évolution de leur procédure de renvoi et sur la durée de leur détention, incertitude qui conduit à un profond désespoir et à une détérioration de leur état de santé. La LSDH réclame la prise en compte de la protection de l’intégrité physique et psychologique des détenus. Ces derniers ont aussi droit au respect de leur dignité et des droits fondamentaux qui s’imposent à tout être humain qu’il soit débouté ou sans-papiers.

Source : communiqué de presse de la LSDH

Cas relatifs

Cas individuel — 08/07/2014

Placée en détention administrative, elle perd son enfant

« Soraya », originaire d’Érythrée, demande l’asile en Suisse. Comme elle a déjà demandé l’asile en Suède, elle est incarcérée en vue d’un transfert. Enceinte, son état de santé se détériore en prison et elle doit interrompre sa grossesse. Suite à ce tragique événement, le TAF impose l’application de la clause de souveraineté de l’accord de Dublin, annulant ainsi son transfert.
Cas individuel — 16/06/2014

Malgré sa collaboration,
l’OCPM le fait arrêter dans ses locaux

Après 10 années passées en Suisse et le rejet définitif de sa demande d’asile, le Togolais « Dodji » est arrêté à l’OCPM en vue de l’établissement d’un laissez-passer et de son renvoi avec épouse et enfants. Saisis, les juges cantonaux jugent cette arrestation disproportionnée.
Cas individuel — 28/05/2013

« Lucas » est illicitement détenu alors qu’il
collabore et accepte de quitter la Suisse

En 2012, « Lucas » est arrêté pour séjour irrégulier. Acceptant de rentrer au Brésil, il sollicite un délai pour préparer son retour, puisque son fils est scolarisé en Suisse. Après un refus de la part du Tribunal cantonal valaisan, le TF interrompt in extremis son renvoi et juge sa détention illicite pour non-respect des exigences légales en la matière.
Cas individuel — 05/11/2012

Un réfugié reconnu passe sept mois
en détention administrative

« Beasrat » demande l’asile en Suisse après avoir vécu dans des conditions d’extrême précarité en Italie, malgré la reconnaissance de sa qualité de réfugié. Refusant d’y retourner, il passe sept mois en détention administrative, non sans séquelles sur sa santé psychique.