Europe: les entraves au regroupement familial toujours plus sévères
Europe, 11.2025 – Dans un climat général de plus en plus hostile à l’immigration, plusieurs pays européens n’hésitent pas à attaquer le droit au regroupement familial des réfugié·es. Dans un article paru dans la brochure Asyl de l’OSAR, Marc Baumgartner et Raphaël Rey dépeignent les dernières tendances restrictives européennes.
En 2024, l’Autriche a accru le recours aux tests ADN, élevé l’âge minimal du regroupement familial des conjoint·es de 18 à 21 ans et approuvé une réforme du droit d’asile qui permet au gouvernement, par voie d’ordonnance, de suspendre pour six mois renouvelables la procédure de regroupement familial. De son côté, l’Allemagne a bloqué de janvier 2025 à juillet 2027 les demandes de regroupement familial des personnes bénéficiant d’une protection subsidiaire.
Au Royaume-Uni, le gouvernement a récemment annoncé la suspension temporaire des nouvelles demandes dans le cadre de la voie existante de réunification familiale des réfugié·es, en vue d’introduire un dispositif plus restrictif. Le Danemark, en s’inspirant du droit suisse, avait déjà introduit en 2016 une règle imposant aux bénéficiaires d’une protection temporaire d’attendre trois ans avant de pouvoir faire venir leurs proches, un délai que la CourEDH a jugé par la suite disproportionné (la Suisse l’a donc réduit à deux ans).
La Suisse, quant à elle, est déjà avant-gardiste en la matière. En effet, les critères de regroupement familial pour les personnes admises à titre provisoire (permis F) sont extrêmement restrictifs. Pourtant, l’UDC attaque régulièrement le droit au regroupement familial des personnes admises au bénéfice d’un permis F, alors que cela concerne en moyenne seulement 108 autorisations par an… L’ODAE romand a documenté les entraves au regroupement familial dans son dernier rapport «Familles séparées, enfances précaires».
Source: asyl, «L’érosion du droit au regroupement familial dans le domaine de l’asile: convergences européennes et avant-garde helvétique», 11.2025.
Voir également: ODAE romand, «Familles séparées, enfances précaires», 09.2025 ; ODAE romand, «Si l’UDC veut vraiment économiser alors qu’elle cesse son harcèlement», brève, 09.09.2025 ; ODAE romand, «La demande de regroupement familial en faveur de son fils mineur est refusée car déposée 5 mois trop tard», cas n°542, 31.10.2025 ; ODAE romand, «Les personnes admises provisoirement gardent leur droit au regroupement familial», brève, 18.12.2024 ; ODAE romand, «Regroupement familial: la Suisse taclée par la CourEDH», brève, 03.05.2024.