Crise en Afghanistan: appels à accueillir des réfugié·es en Suisse

Suisse, 17.08.2021 – Alors que la situation en Afghanistan était déjà très tendue, en début d’été 2021, de nombreuses ONG et même le gouvernement afghan avaient appelé les pays européens (notamment la Suisse et l’Allemagne), à cesser les renvois des personnes afghanes déboutées de l’asile (voir notre brève). Face à l’ampleur de la crise, le SEM a finalement annoncé le 11 août 2021 suspendre ces renvois jusqu’à nouvel ordre.

Plusieurs collectifs et associations demandent davantage de mesures: accueil de réfugié·es, facilitation de l’accès aux visas humanitaires et délivrance a minima de l’admission provisoire pour toutes les personnes originaires d’Afghanistan ayant déposé ou qui déposeront une demande d’asile en Suisse.

La Coalition des juristes indépendant·es a envoyé une lettre au gouvernement et au SEM réclamant la mise en place de ces 3 mesures. Une pétition, signée en quelques heures par plus de 6’000 personnes, réclame l’admission d’un contingent d’Afghan·es, notamment de femmes et de personnes LGBTIQ+. Solidarité sans frontières et Juristes démocrates de Suisse ont publié un communiqué rappelant que les renvois Dublin contre les citoyen·nes afghan·es doivent également être suspendus, tous les pays européens n’ayant pas cessé les renvois vers Kaboul. Ce, malgré la prise de position du HCR à ce sujet.

Source: RTS,«La Suisse rapatrie de Kaboul son personnel et propose des visas humanitaires à ses employés locaux», 13.08.2021 ; Le Courrier, «Accueillir sans réserves», 15.08.2021 ; Tribune de Genève, «Gauche et ONG réclament d’ouvrir les portes aux réfugiés», 16.08.2021 ; ODAE Suisse, «Lettre ouverte sur la situation en Afghanistan», 17.08.2021 ; FORUMASILE, «Afghanistan: plus de visas humanitaires et l’idée d’un retour à la procédure d’asile en ambassade – Le Temps des Réfugiés», 17.08.2021 ; OSAR, «Rapport pays: Afghanistan», 17.08.2021 ; Solidarité sans frontières & les Juristes Démocrates de Suisse, «Une suspension provisoire des expulsions ne suffit pas, nous exigeons une protection pour tou·tes les Afghan·es vivant en Suisse», 17.08.2021 ; Vivre Ensemble, «Documentation | Visas humanitaires pour les Afghan·es: prises de position et pétition», 18.08.2021

Voir également: ODAE romand, «30 ONG européennes appellent à stopper les renvois vers l’Afghanistan», brève, 27.07.2021 ; ODAE romand, «Amnesty International demande que cessent les renvois vers l’Afghanistan», brève, 07.07.2021.

Cas relatifs

Cas individuel — 24/07/2013

Une femme afghane seule avec 4 enfants
doit faire recours pour obtenir l’asile

« Nahid » et ses quatre enfants demandent l’asile en Suisse. Leur demande est rejetée par l’ODM, qui dans un premier temps suspend l’exécution du renvoi avant de juger que le retour à Kaboul est exigible. Sur recours, le TAF reconnaît pourtant la vraisemblance des motifs d’asile.
Cas individuel — 24/08/2009

L’ODM affirme que les soins sont possibles, mais il ne cite aucune source

Le diagnostic est clair : « Alana » souffre d’un état de stress post-traumatique et le risque de suicide est élevé. L’ODM ordonne néanmoins le renvoi, sans aucune vérification quant aux possibilités de soins au Kosovo. Une décision cassée par le TAF. Le DFJP projette de faire porter le fardeau de la preuve au requérant. Qu’adviendrait-il de personnes comme « Alana »?
Cas individuel — 24/08/2009

Malgré toutes les preuves de persécution il n’obtient pas l’asile

Menacé de mort par des groupes armés, « Salim », ancien interprète en Irak pour l'armée américaine, fuit son pays pour gagner la Suède, puis la Suisse. Conformément à la logique des Accords de Dublin, la Suisse refuse d’entrer en matière sur sa demande d’asile, malgré les documents qui attestent des dangers encourus, et ordonne son renvoi vers la Suède.
Cas individuel — 24/08/2009

Il sauve sa peau grâce à une demande d’asile déposée à l’ambassade

« Enrique », colombien, est persécuté, arrêté et torturé par l’armée de son pays. Il obtient l’asile dans notre pays à travers l’ambassade suisse de Bogota, ce qui lui permet d’échapper, lui et sa famille, à un sort tragique. Le DFJP propose pourtant de supprimer la possibilité de demander l’asile dans une ambassade.