Victimes de mauvais traitements en Croatie, iels entament une grève de la faim

Croatie, 23.01.2026 – Cinquante demandeur·ses d’asile originaires du Daghestan, de Tchétchénie et d’Ingouchie, détenu·es dans le centre de détention et d’expulsion de Ježevo en Croatie, ont déclaré une grève de la faim pour protester contre les violations flagrantes de leurs droits. La grève a commencé le 19 janvier dernier pour protester contre l’expulsion d’un requérant vers la Russie. Les grévistes rapportent avoir été privé·es d’air frais, nourris avec de la nourriture avariée et soumis à des humiliations, des pressions et des traitements cruels de la part du personnel pendant trois mois. En réponse à la grève de la faim, le centre de détention n’a pas hésité à se montrer menaçant: si la grève se poursuit, les forces spéciales seront appelées. 

Source: Caucasian Knot, «North Caucasus nationals have gone on hunger strike in a Croatian immigration prison», 23.01.2026.

Voir également: ODAE romand, «Sortie d’un nouveau rapport contre les renvois en Croatie», brève, 20.02.2025 ; OSAR, «Violence et dysfonctionnements dans le système d’asile croate», 30.06.2023 ; Infomigrants, «La Croatie, un pays de passage où aucun migrant ne compte rester», 27.12.2024 ; Solidarité sans frontières, «#StopDublinCroatie : reportage dans un quotidien croate», 01.02.2024.

Cas relatifs

Cas individuel — 06/01/2026

Victime de violences conjugales, elle se retrouve prévenue en raison de son absence de statut de séjour

Sandra* arrive en Suisse en mars 2025 accompagnée de ses deux filles, pour rejoindre son compagnon, Oscar*. Très vite après leur installation, celui-ci devient violent. Sandra* parvient à fuir le domicile avec ses enfants, mais Oscar* commence à la suivre et la harceler. Un jour, Oscar* agresse Sandra* dans la rue. Des policiers témoins de la scène la convainquent d’aller déposer plainte. Mais une fois arrivée au poste, Sandra* est interrogée durant des heures et repart avec un mandat de comparution pour séjour illégal.
Cas individuel — 09/09/2024

Le TAF suspens le renvoi d’un Palestinien vers le Liban en raison des coupes budgétaires infligées à l’UNRWA

Palestinien originaire du camp de réfugié·es de Rashidieh au Sud-Liban, Tareq* dépose un recours contre le rejet de sa demande d'asile, prononcé par le SEM en février 2024. Dans son arrêt du 16 mai 2024, le TAF reconnait que le SEM aurait du tenir compte de la récente détérioration de la situation au sud du pays depuis le 7 octobre 2023, ainsi que celle de la situation financière de l’UNRWA, affectée par de nombreuses coupures budgétaires. Le TAF admet partiellement le recours et renvoie l’affaire au SEM pour une nouvelle décision.
Cas individuel — 30/01/2024

Gravement atteint dans sa santé, il survit à l’aide d’urgence depuis 7 ans

«Je n’ai pas de permis, je dois donc me battre à deux niveaux: pour ma situation administrative et pour ma santé.» Atteint d’une maladie grave qui affecte le système nerveux, Badri* est venu en Suisse afin d’être soigné car il ne pouvait pas l’être en Géorgie. Il demande l’asile, mais sa requête est rejetée par le SEM qui ordonne son renvoi. Badri perd peu à peu son autonomie, son corps se paralyse. Une opération en 2021 lui redonne une mobilité partielle, mais il a besoin d’un suivi médical pluridisciplinaire régulier. Il demande alors le réexamen de la décision du SEM en démontrant l’absence de soins en Géorgie, mais il reçoit à nouveau une réponse négative. Depuis sept ans, Badri survit donc avec une aide d’urgence de 275 CHF/mois.
Cas individuel — 25/01/2024

Javier* et Lilian*, expulsé·es suite à un accident de travail sur un chantier

Cas 455 Victime d’un accident de travail, Javier* est reconnu invalide par l’AI. Les autorités ordonnent cependant son renvoi de Suisse ainsi que celui de son épouse. Elles ne lui reconnaissent pas le droit de demeurer en Suisse, considérant qu’il n’avait pas la qualité de travailleur au moment de son accident puisqu’il ne totalisait pas une année de travail en Suisse. La lenteur de la procédure et la décision d’expulsion impacte la santé mentale de Javier* qui souffre déjà d’autres problème de santé. Son épouse Lilian* cumule des emplois de nettoyages peu rémunérés et instables mais les autorités leur refusent un permis de séjour sur cette base, arguant qu’il s’agit d’«activités marginales et accessoires».