Un Érythréen détenu à Genève est menace d’un renvoi vers l’Éthiopie

Genève, décembre 2025 – La Suisse envisage de renvoyer un homme originaire d’Érythrée, installé à Genève depuis 35 ans, vers l’Éthiopie – un pays dont il ne possède pas la nationalité. Tesfu, arrivé en Suisse en 1990 à l’âge de 16 ans et débouté de l’asile peu après sa majorité, vit depuis dans la précarité et sans statut légal. Malgré de nombreux documents attestant de sa nationalité érythréenne (passeport, papiers parentaux, attestation de l’ambassade), les autorités helvétiques considèrent qu’un renvoi vers l’Éthiopie est possible, après un récent changement de position des autorités éthiopiennes.

Détenu depuis plusieurs mois au Centre de Frambois, il risque une expulsion vers un pays où, selon son avocate, il n’a «aucune attache» et où sa sécurité n’est pas garantie. Celle-ci souligne aussi la fragilité de sa santé, notamment en raison d’une addiction traitée par un médicament de substitution difficilement accessible sur place. Le Tribunal administratif de première instance a refusé à plusieurs reprises de lever sa prolongation de détention ou prononcer sa libération.

Sources: le Courrier, «“L’Ethiopie n’est pas mon pays”», 16.12.2025 ; Tribune de Genève, «“À Genève depuis 35 ans, il est menacé de renvoi en Éthiopie”», 17.12.2025 ; Solidarité Tattes, «Tesfu reste en prison en attente d’un renvoi absurde», 09.10.2025 ; le Courrier, «Un Erythréen renvoyé en Ethiopie?», 07.10.2025.

Voir également: ODAE romand, «Vol spécial vers l’Éthiopie: des renvois contestés», brève, 02.02.2021.

Cas relatifs

Cas individuel — 18/12/2025

Renvoyé à deux reprises en Croatie malgré une tentative de suicide

Allan*, ressortissant kurde de Turquie, a fui des persécutions subies en raison de ses activités politiques. Arrivé en Suisse, il demande l’asile mais est frappé d’une décision de non entrée en matière par le SEM qui prononce son renvoi vers la Croatie. En décembre 2023, au petit matin, plusieurs policiers font irruption dans son foyer pour procéder à son renvoi. Terrorisé, Allan* se jette par la fenêtre. Il survit à sa tentative de suicide, mais son renvoi est tout de même exécuté, en novembre 2024, malgré une condition psychique extrêmement fragile. Dans l’impossibilité d’accéder à des soins adéquats en Croatie, il revient en Suisse pour y redéposer une demande d’asile. Il est alors arrêté et renvoyé vers la Croatie.
Cas individuel — 17/12/2025

Abus de pouvoir au poste de police Carl Vogt lors d'une détention administrative avant un renvoi

«Je continue mes études, passe mes examens, mais je ne sais pas ce qui va se passer ensuite. C’est épuisant!»
Cas individuel — 14/04/2025

«Mes enfants sont terrorisés. Je ne sais plus quoi faire ni comment arrêter ce calvaire.»

Léonie*, ressortissante Burundaise, est victime de persécutions dans son pays. En juin 2022, elle demande l’asile en Suisse avec ses trois enfants. Leur demande est rejetée en 2023 par le SEM puis par le TAF. La famille subit alors un véritable harcèlement policier: alors que Léonie* est hospitalisée en psychiatrie, son fils est arrêté à leur domicile pour être détenu à l’aéroport puis relâché. Sa fille aînée est également arrêtée à deux reprises, emmenée à l’aéroport puis relâchée. Enfin, la fille cadette se retrouve hospitalisée en psychiatrie, dans un état de choc, après que des agents ont essayé de l’arrêter au cabinet de sa psychologue. Malgré ces arrestations à répétition, Léonie* et ses enfants demandent le réexamen de leur décision d’asile, en raison d’éléments nouveaux survenus au Burundi et de l’état de santé de Léonie* qui se dégrade. Le SEM suspend l’exécution du renvoi de cette dernière, mais refuse de réexaminer la demande des enfants, désormais tous trois majeurs.
Cas individuel — 05/11/2012

Un réfugié reconnu passe sept mois
en détention administrative

« Beasrat » demande l’asile en Suisse après avoir vécu dans des conditions d’extrême précarité en Italie, malgré la reconnaissance de sa qualité de réfugié. Refusant d’y retourner, il passe sept mois en détention administrative, non sans séquelles sur sa santé psychique.