Procédure 24 heures: les radiations se multiplient
Suisse, 21.11.2025 – Depuis mars 2024, le SEM examine la majorité des demandes d’asile déposées par personnes originaires d’Algérie, de Libye, du Maroc et de la Tunisie par le biais d’une nouvelle procédure dite «24 heures» conçue pour clore plus rapidement les procédures d’asile de personnes venant des pays susmentionnés et de réduire dans l’ensemble le nombre de demandes déposées par celles-ci.
En principe, l’ensemble des étapes décisives de la procédure doit se dérouler sur deux jours ouvrables, ce qui restreint considérablement l’accès à l’information et à la protection juridique, complique l’établissement des faits pertinents et entrave l’exercice effectif du droit d’être entendu des personnes concernées. En outre, tout manquement à l’obligation de collaborer – notamment une absence ou un retard injustifiés à un entretien auprès du SEM – entraîne la radiation immédiate de la demande d’asile.
Or, depuis juin 2025, une augmentation notable du nombre de radiations est observée, comme le relève Guillaume Bégert, juriste à Caritas Suisse. Cette évolution soulève de sérieuses interrogations quant à la proportionnalité de ces décisions de classement formel, lesquelles ne sont par ailleurs pas susceptibles de recours devant le TAF. Plus fondamentalement, elle témoigne d’une tendance marquée à privilégier une logique d’efficience administrative et formaliste au sein de la procédure d’asile, au détriment de sa finalité première, à savoir l’examen effectif d’un besoin de protection.
Source: asile.ch «Procédure 24 heures: une accélération au détriment des droits», 21.11.2025
Voir également: ODAE romand «La durée réelle d’une “procédure 24 heures” dans l’asile», brève, 23.09.2024 ; ODAE romand, «Procédures express et réduction des coûts de l’asile: et les droits humains dans tout cela?», brève, 11.05.2024.