Marché du travail en Suisse: les étranger∙ères surreprésenté∙es dans les emplois de première ligne

Suisse, 20.04.2024 – Le journal suisse-allemand Neue Zürcher Zeitung (NZZ) publie un article sur la répartition des rôles entre personnes suisses et étrangères sur le marché de l’emploi. Alors que l’UDC pense à relancer une énième initiative visant à limiter l’entrée des personnes étrangères, la NZZ rappelle que les métiers de première ligne, les métiers utiles et peu valorisés, sont majoritairement effectués par des personnes étrangères.

En effet, le bâtiment, le nettoyage, mais aussi les métiers liés à la cuisine, à l’artisanat, etc. sont autant de travaux sur lesquels les ressortissant∙es suisses se précipitent peu. Et pour cause, ces secteurs concentrent de nombreux désavantages: faible rémunération, charge physique élevée, horaires irréguliers. Le patronat emploie donc volontiers du personnel étranger. A l’autre bout du spectre, certains métiers voient l’engagement d’une proportion de personnes étrangères très faible (10% et moins): policier∙èrexs, enseignant∙exs, éducteur∙icexs de la petite enfance et travailleur∙eusexs sociaux∙ales.

Source: NZZ, «Jobs, die niemand will: In diesen Berufen arbeiten am meisten Ausländer – eine Rangliste», 20.04.2024.

Cas relatifs

Cas individuel — 04/11/2025

Par crainte d’un renvoi Dublin, il vit dans la rue, sans traitement pour son hépatite C

Dimitri* entre dans la clandestinité pour échapper à son renvoi vers l'Allemagne. Il perd son permis, se retrouve à la rue et développe de multiples dépendances. Il est diagnostiqué d'une hépatite C avec risque de cirrhose, mais ne peut pas être soigné car, en l'absence d'adresse, il ne peut pas être affilié à l'assurance maladie.
Cas individuel — 28/10/2025

En Suisse depuis 41 ans et atteint de troubles psychiques sévères, la naturalisation lui est refusée en raison d’un niveau de français insuffisant

Arrivé en Suisse en 1983 à l’âge de 15 ans, Abraham* en a 53 lorsqu’il demande la naturalisation. Il souffre de pathologies psychiques sévères – un «état dépressif sévérissime» avec diagnostic de trouble schizo-affectif pour lequel une médication lourde a dû être instaurée. Abraham* se trouve également sous curatelle de portée générale. Malgré son état de santé, le Service de la population puis le Tribunal cantonal refusent sa demande de naturalisation au motif qu’il n’a pas le niveau de français exigé (son résultat au test de langue est de 75% au lieu des 79% requis).
Cas individuel — 14/10/2025

Pour un document signé par erreur, une famille bataille plus d’un an pour des subsides à l’assurance-maladie

Adrien*, originaire d’Espagne, et Sabine* se marient en septembre 2023. Avant cela, en juin, une demande de subsides à l’assurance-maladie avait été déposée. En février 2024, l’Office cantonal refuse la demande au motif d’un document de garantie de prise en charge signé par erreur dans le cadre de la demande de permis de séjour pour Sabine* (antérieure au mariage). En mars, la famille dépose une opposition en rappelant que ce document n’aurait pas dû être signé et par ailleurs qu’il n’a pas de valeur dans le cadre de la demande de subsides formulée. Il faudra attendre encore un an pour que la famille obtienne gain de cause.
Cas individuel — 30/01/2024

"Si j’avais pu, je serais peut-être partie et j’aurais fait ma vie de mon côté."

Gina* arrive en Suisse en 2008 et reçoit un permis de séjour par regroupement familial avec son compagnon, Pedro*. Elle dépend alors entièrement du statut de ce dernier. Lorsque Pedro* rencontre des problèmes de santé qui l’empêchent de travailler, les autorités informent le couple de leur intention de ne pas renouveler leur permis. Pedro* a pourtant travaillé durant plus de quinze ans sur les chantiers en Suisse.