L’ONU recommande à la Suisse des améliorations dans le droit d’asile et des étrangers

Le 19 novembre 2010, le Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels a adressé à la Suisse une série de recommandations. Il est notamment demandé à la Suisse d’octroyer un droit à l’aide sociale aux requérants d’asile qui, faute d’en bénéficier, sont actuellement relégués à l’aide d’urgence (recommandation 12). En outre, le comité demande à la Suisse de modifier l’art. 50 LEtr, de manière à ce que les femmes migrantes victimes de violences conjugales ne soient plus incitées à rester avec leur époux violent, par crainte de perdre leur autorisation de séjour (recommandation 15 – lire les cas ODAE à ce sujet). Par ailleurs, le comité demande à la Suisse d’édicter des standards minimaux pour les familles forcées à vivre dans des abris souterrains de la protection civile. Les conditions de vie des requérants d’asile vivant dans ces abris, notamment celles des enfants non-accompagnés ou séparés de leur famille, sont insuffisantes (recommandation 18).

Cas relatifs

Cas individuel — 12/12/2017

Elle quitte l’Italie à 2 ans. Aujourd’hui retraitée, elle risque le renvoi

Francesca, 64 ans, risque un renvoi vers l’Italie qu’elle a quitté à l’âge de 2 ans. Elle aurait dû obtenir un permis B lorsqu’elle travaillait mais celui-ci ne lui a pas été accordé. A sa retraite, le SEM nie son droit de demeurer en Suisse, pourtant prévu par l’ALCP. Parallèlement, une longue procédure doit être menée pour obtenir les prestations financières auxquelles elle a droit.
Cas individuel — 16/05/2017

Le SEM ne le reconnaît pas comme mineur et lui refuse l’asile par erreur

Requérant d’asile afghan de 16 ans, « Imran » n’est pas reconnu comme mineur par le SEM. Il est ainsi contraint de vivre avec des adultes, situation stressante et effrayante pour lui, qui souffre déjà de problèmes psychiques et d’insomnies. De plus, le SEM rejette sa demande d’asile et rend une décision de renvoi. Suite à un recours au TAF, le SEM finit par reconsidérer sa décision, admet la minorité, la qualité de réfugié et lui octroie l’asile.
Cas individuel — 07/05/2014

Malgré l’impossibilité du renvoi, une famille passe 4 ans à l’aide d’urgence

Menacé en Palestine, « Issam » prend la fuite avec sa femme « Samra ». La Suisse leur refuse l’asile en 2003, décision confirmée sur recours en 2009. L’ODM, informé dès 2009 que le retour en Cisjordanie est rendu impossible par les accords d’Oslo, ne statue sur leur demande de réexamen qu’en avril 2014, malgré les graves problèmes psychiques de « Samra ». En attendant, le couple et ses 3 enfants seront restés 4 ans à l’aide d’urgence.