La Bulgarie condamnée par la CEDH pour les conditions de détention infligée à une famille qui vit en Suisse

Le 7 décembre 2017, la CourEDH a rendu public un arrêt concernant une famille irakienne emprisonnée en août 2015 à la frontière bulgare. Accompagnés de leurs enfants âgés de 1, 11 et 16 ans, la mère enceinte et son mari ont été détenus durant trois jours dans des conditions inhumaines. Ils n’avaient pas accès aux sanitaires et ont été privés d’eau et de nourriture pendant plusieurs heures. Suite à sa libération, la famille a quitté la Bulgarie et a demandé l’asile en Suisse en septembre 2015. Le 8 janvier 2016, les autorités suisses ne sont pas entrées en matière sur leur demande d’asile en application du Règlement Dublin et ont prononcé leur renvoi vers la Bulgarie – décision surprenante au vu des mauvais traitements subis dans ce pays. Suite à cette décision, la famille irakienne, soutenue par le SAJE, a déposé une requête à la CourEDH contre la Bulgarie. Entre temps, les autorités suisses sont finalement entrées en matière sur la demande d’asile et ont octroyé le statut de réfugiés aux membres de cette famille. En décembre 2017, l’instance européenne a statué en faveur des recourants, en soulignant les conditions inhumaines et dégradantes de leur détention en Bulgarie qui constituent une violation de l’art. 3 CEDH.

Sources : CourEDH, S.F. et autres c. Bulgarie, Requête n° 8138/16, 7 décembre 2017, SOS Asile Vaud, Victoire du SAJE : sanction pour des conditions de détention inhumaines et dégradantes, bulletin 126, 1er trimestre 2018.

Cas relatifs

Cas individuel — 17/12/2025

Régularisation refusée après 9 ans de vie en Suisse, à cause d’un séjour de cinq mois en Autriche

Saif*, ressortissant irakien, demande l’asile en Suisse en 2016. Après un refus, il se rend en Autriche où il sollicite également l’asile. Renvoyé en Suisse en 2017 en vertu du règlement Dublin, il survit à l’aide d’urgence. En 2024, il demande la régularisation de son statut auprès de l’Office cantonal de la population qui refuse, au motif que son lieu de séjour n’était pas connu entre octobre 2016 et mars 2017. En mai 2025, après 9 ans d’aide d’urgence, l’état psychique de Saif* se détériore et il suit un traitement médical. Avec l’aide d’une mandataire, il dépose une nouvelle demande de réexamen sur la base de l’art. 83 al. 4 LEI. Le SEM rejette cette demande, estimant que l’accès aux soins est possible en Irak.
Cas individuel — 28/11/2023

Renvoyé en Croatie malgré un recours pendant au CAT

Emprisonné et torturé pendant 18 ans, il est renvoyé en Croatie malgré un recours déposé auprès du CAT.
Cas individuel — 13/05/2013

Le TAF confirme le transfert en Italie de « Saba »
malgré les viols qu’elle y a subis

« Saba » dépose une demande d’asile en Suisse en mai 2012 et reçoit une décision de transfert en Italie, où elle a passé les trois dernières années (système Dublin). Recourant contre cette décision, elle invoque les conditions de vie déplorables et les trois viols subis en Italie. Pourtant, le TAF rejette le recours et considère que son renvoi peut être exécuté.
Cas individuel — 29/08/2011

Une mère seule en Bosnie ne peut pas rejoindre ses enfants en Suisse

« Iljana » vit seule en Bosnie, alors que toute sa famille vit en Suisse. Son fils étant Suisse, elle demande une autorisation de séjour par regroupement familial, qui lui est refusée car elle devrait selon la LEtr disposer d’un permis de séjour valable dans un pays de l’ALCP. Si son fils avait été un citoyen de l'UE vivant en Suisse, cette demande aurait été acceptée...