Demande d’asile du Tibet rejetée par la Suisse sur la base d’une analyse controversée

Suisse, 13.07.2023 – Dans un arrêt de référence, le TAF a accordé une valeur disproportionnée à une analyse provenant d’un spécialiste pourtant controversé de LINGUA, menant ainsi au rejet du recours d’un requérant tibétain. Dans son communiqué de presse, l’OSAR reproche au TAF d’avoir attribué plus de valeur à l’analyse de ce spécialiste, mandaté par le SEM, qu’à la contre-analyse réalisée par quatre spécialistes indépendant-es renommé-es. Celle-ci avait soulevé de graves objections envers l’analyse LINGUA et concluait à la forte probabilité que le requérant provienne du Tibet. L’arrêt de référence du TAF pourrait entrainer le rejet de nombreux recours actuellement pendants, alors que, d’après l’OSAR, la qualité de refugié-e devrait être accordée à tous les Tibétain-es indépendamment de leur lieu de socialisation.

Ces analyses LINGUA, qui manquent de transparence, ne permettent pas une procédure d’asile équitable. Dans le cas de Tibétain-es, c’est généralement sur leur base qu’une décision est rendue à leur demande d’asile. Chaque personne dépourvue de carte d’identité est soumise à ce type d’analyse linguistique, lesquelles concluent souvent que la personne n’a pas été socialisée au Tibet ou en Chine, mais dans une communauté d’exilé-es.  Le SEM considère alors que la personne a dissimulé son origine et rejette sa demande de protection. Les personnes dans cette situation se retrouvent alors à vivre sans papiers en Suisse pendant des années.  Cette prétendue dissimulation de l’origine les prive en outre de tout espoir d’une régularisation pour cas de rigueur.

Sources : OSAR, «Demandes d’asile venant du Tibet : le Tribunal soutient les analyses de provenance controversées», 13.07.2023.

À voir également : TAF, «Urteil vom 5. Juli 2023», 13.07.2023.

Cas relatifs

Cas individuel — 14/04/2025

«Mes enfants sont terrorisés. Je ne sais plus quoi faire ni comment arrêter ce calvaire.»

Léonie*, ressortissante Burundaise, est victime de persécutions dans son pays. En juin 2022, elle demande l’asile en Suisse avec ses trois enfants. Leur demande est rejetée en 2023 par le SEM puis par le TAF. La famille subit alors un véritable harcèlement policier: alors que Léonie* est hospitalisée en psychiatrie, son fils est arrêté à leur domicile pour être détenu à l’aéroport puis relâché. Sa fille aînée est également arrêtée à deux reprises, emmenée à l’aéroport puis relâchée. Enfin, la fille cadette se retrouve hospitalisée en psychiatrie, dans un état de choc, après que des agents ont essayé de l’arrêter au cabinet de sa psychologue. Malgré ces arrestations à répétition, Léonie* et ses enfants demandent le réexamen de leur décision d’asile, en raison d’éléments nouveaux survenus au Burundi et de l’état de santé de Léonie* qui se dégrade. Le SEM suspend l’exécution du renvoi de cette dernière, mais refuse de réexaminer la demande des enfants, désormais tous trois majeurs.
Cas individuel — 03/10/2024

"Avec les limites du permis F, je ne me sens pas complet"

Salih*, né en 1999 en Érythrée, arrive en Suisse en 2015, à l’âge de 16 ans. Il demande l’asile sans documents d’identité et reçoit un permis F en 2017. Il apprend le français et obtient un AFP (attestation fédérale de formation professionnelle) puis un CFC (certificat fédéral de capacité) de peintre en bâtiment. Malgré ses efforts d’intégration, ses demandes de transformation de son permis F en permis B sont systématiquement rejetées par le Secrétariat d’État aux migrations en raison de l’absence de documents d’identité officiels. Les autorités suisses lui demandent à plusieurs reprises de se procurer ces documents auprès de l’ambassade d’Érythrée, mais Salih* refuse de s’y rendre, craignant pour sa vie en raison de ses critiques à l’égard du gouvernement érythréen. Une situation qui le place dans une impasse.
Cas individuel — 11/05/2022

Après avoir subi des persécutions LGBTIQphobes dans son pays, il doit survivre en Suisse

Témoignage. Franklin* demande l’asile en Suisse au motif de nombreuses persécutions LGBTIQphobes subies dans son pays d’origine. Son parcours pour obtenir l’asile en Suisse est émaillé d’attaques homophobes dans ses lieux de vie.
Cas individuel — 25/04/2022

Une femme trans* subit des persécutions LGBTIQphobes en Suisse

Témoignage. Une femme trans* obtient l’asile en Suisse au motif de nombreuses persécutions LGBTIQphobes subies dans son pays d’origine. Son parcours pour obtenir l’asile en Suisse est émaillé de discriminations dans sa prise en charge et d’agressions transphobes dans ses lieux de vie.