Covid-19 : situation préoccupante des requérant·e·s d’asile dans les centres fédéraux

Le 31 mars, la Société civile dans les centres fédéraux d’asile a interpelé le Conseil fédéral sur la situation préoccupante des requérant·e·s d’asile dans les centres fédéraux, où les mesures de distanciation sociale recommandées par l’OFSP ne peuvent, la plupart du temps, pas être respectées. Dans sa lettre ouverte au Conseil fédéral, elle demande non seulement la suspension immédiate des procédures d’asile, mais aussi la mise en œuvre des recommandations de l’OFSP dans les centres fédéraux d’asile. Cette lettre vient s’ajouter aux nombreuses demandes formulées par les associations actives en matière d’asile.

Le mercredi 1er avril, le Conseil fédéral a annoncé que des installations militaires et civiles pourront être réaffectées au domaine de l’asile plus facilement jusqu’au 6 août, afin d’augmenter les capacités d’hébergement. Le SEM avait également décidé la veille de rouvrir le CFA de Muttenz dans le même but.

Sources : Plateforme « Société civile dans les centres fédéraux d’asile », « Lettre ouverte au Conseil fédéral », 31.03.20 ; Conseil fédéral, « Coronavirus : les règles des procédures d’asile sont temporairement modifiées », communiqué, 1.04.20 ; Conseil fédéral, « Coronavirus : réouverture du centre fédéral pour requérants d’asile de Muttenz », communiqué, 31.03.20.

Cas relatifs

Cas individuel — 15/07/2024

Le TF reconnait l’apatridie d’un Palestinien de Syrie admis provisoirement en Suisse

Le Tribunal fédéral décrète qu'Emad*, Palestinien de Syrie admis provisoirement en Suisse, doit être reconnu apatride en raison de l’inexigibilité de son renvoi et de l'absence de lien avec un autre pays où opère l'UNRWA.
Cas individuel — 13/02/2024

Décès d’un jeune demandeur d’asile: la responsabilité directe des autorités suisses

Cas 459 / 13.02.2024 Alam* arrive en Suisse à 17 ans et demande l’asile après avoir vécu des violences en Grèce où il a reçu protection. Les autorités suisses prononcent une non-entrée en matière et son renvoi, malgré des rapports médicaux attestant de la vulnérabilité d’Alam*. Celui-ci met fin à ses jours à la suite du rejet de son recours par le TAF.
Cas individuel — 30/01/2024

"Si j’avais pu, je serais peut-être partie et j’aurais fait ma vie de mon côté."

Gina* arrive en Suisse en 2008 et reçoit un permis de séjour par regroupement familial avec son compagnon, Pedro*. Elle dépend alors entièrement du statut de ce dernier. Lorsque Pedro* rencontre des problèmes de santé qui l’empêchent de travailler, les autorités informent le couple de leur intention de ne pas renouveler leur permis. Pedro* a pourtant travaillé durant plus de quinze ans sur les chantiers en Suisse.
Cas individuel — 30/01/2024

Gravement atteint dans sa santé, il survit à l’aide d’urgence depuis 7 ans

«Je n’ai pas de permis, je dois donc me battre à deux niveaux: pour ma situation administrative et pour ma santé.» Atteint d’une maladie grave qui affecte le système nerveux, Badri* est venu en Suisse afin d’être soigné car il ne pouvait pas l’être en Géorgie. Il demande l’asile, mais sa requête est rejetée par le SEM qui ordonne son renvoi. Badri perd peu à peu son autonomie, son corps se paralyse. Une opération en 2021 lui redonne une mobilité partielle, mais il a besoin d’un suivi médical pluridisciplinaire régulier. Il demande alors le réexamen de la décision du SEM en démontrant l’absence de soins en Géorgie, mais il reçoit à nouveau une réponse négative. Depuis sept ans, Badri survit donc avec une aide d’urgence de 275 CHF/mois.