La vie en foyer d’une enfant requérante

Une correspondante du canton de Genève nous a fait part du récit d’une année de la vie de W., enfant érythréenne résidant au foyer des Tattes (Vernier). La période printemps-été 2014 a été marquée par le passage de W. en 5ème Primaire, la naissance de sa petite sœur et l’octroi d’une admission provisoire à la petite famille composée par W., sa mère et le bébé. Mais la vie quotidienne à trois dans une seule pièce infestée de punaises rend les efforts scolaires de W. et son développement en tant qu’enfant particulièrement difficiles.

Plusieurs centaines de requérants d’asile aux statuts divers vivent aux Tattes – personnes en procédure d’asile fraîchement arrivées ou non, personnes déboutées ou au contraire au bénéfice d’une forme de protection… C’est là qu’est survenu le 17 novembre 2014 le tragique incendie ayant laissé un mort, des blessés graves et plusieurs habitants traumatisés (voir notre brève du 19.11.14).

Le témoignage que nous relayons aujourd’hui est basé en large partie sur les observations de la tutrice de W. de l’association Reliance (cf. Françoise Joliat, Reliance. Tisser des liens entre les enfants, la famille et l’école).

Cas relatifs

Cas individuel — 22/12/2025

Tout juste majeur, le SEM révoque son permis et ordonne son renvoi en Grèce

Dawood* dépose une demande d’asile en Suisse en novembre 2023, à l’âge de 17 ans. Le SEM reconnait sa vulnérabilité et lui octroie une admission provisoire. En février 2025, le SEM révoque son statut, au motif qu’il ne serait plus vulnérable puisqu’il est majeur. Dawood* recourt auprès du TAF, expliquant être très intégré à Genève, où il est notamment scolarisé, et qu’il risque, en cas de renvoi en Grèce, de se retrouver dans un état de dénuement complet sans aucune perspective. Dans sa réplique, le SEM maintient sa position, au motif que le principe de l’admission provisoire est de pouvoir être levée à tout moment. En octobre, le TAF rend finalement son arrêt, par lequel il confirme la levée du permis F de Dawood*.
Cas individuel — 07/10/2013

Fragilisée par les violences conjugales, elle est
renvoyée après 11 années en Suisse

Après de longues années de violences conjugales reconnues, « Sibel », arrivée en Suisse en 2002, se voit refuser le renouvellement de son permis. On lui reproche un manque d’intégration, pourtant lié au contrôle exercé par son mari ainsi qu’à sa fragilité psychique résultant des violences subies.
Cas individuel — 02/10/2012

Renvoi d’une victime de violences conjugales
et de sa fille scolarisée depuis 9 ans en Suisse

Au bénéfice d’un permis B par mariage, « Carmen » fait venir en 2003 sa fille « Vanessa », alors âgée de 6 ans. 9 ans plus tard, suite au deuxième divorce de « Carmen » dû à des violences conjugales, les autorités cantonales décident de les renvoyer, au mépris de l’intérêt supérieur de l’adolescente et des violences subies par sa mère.