Des collectifs dénoncent des renvois de personnes originaires de Palestine

Vaud, 25.02.2026 – Les collectifs Droit de rester Vaud, Solidarité Tattes, Solidarité sans frontières, Droit de rester Neuchâtel et Droit de rester Fribourg, réunis en une Coalition contre les renvois, ont tenu mercredi 25 février une conférence de presse pour dénoncer des renvois de personnes palestiniennes vers des pays où l’accès aux soins et le respect des droits fondamentaux des personnes migrantes ne sont pas garantis.

Deux personnes concernées ont également témoigné, rappelant le stress et les atteintes à la santé que représentent cette attente dans la menace d’un renvoi vers des pays dans lesquels un retour ravivera des moments de violences et signifiera se retrouver à la rue sans aucun soutien ni accès aux soins.

«La population de Gaza a subi des cycles répétés d’escalades militaires, engendrant des traumatismes massifs. Dans un tel contexte, la santé mentale n’est pas un besoin secondaire, elle est une urgence vitale. Les deux personnes que nous soutenons aujourd’hui portent les séquelles de ce contexte. Les renvoyer vers des pays européens sans garantie réelle de continuité des soins de santé mentale serait ignorer la vulnérabilité spécifique liée à leurs parcours traumatiques.»

Hortense Devalière, responsable des programmes internationaux de Médecins du monde pour la Palestine.

«Nos collègues en Croatie nous confirment que les délais d’attente pour accéder à un spécialiste en Croatie sont très longs. Certains traitements nécessitent des résultats spécialisés et ceux-ci ne sont pas délivrés dans les centres de Zagreb et Kutina. Résultat: des thérapies interrompues, des suivis médicaux qui repartent de zéro, une continuité des soins brisée net.»

Malick Gehri, chargé de plaidoyer pour Médecins du Monde Suisse

Les collectifs ont demandé aux autorités vaudoises de surseoir aux renvois et d’appuyer les demandes d’asile auprès des autorités fédérales, qui détiennent les marges de manœuvre légales suffisantes pour le faire. Une lettre signée de 55 député·es vers le Conseil d’Etat et portant les mêmes revendications a été transmise le même jour.

Sources: rts.ch, «Des députés vaudois demandent la suspension des renvois de Palestiniens», 25.02.2026 ; le Courrier, «Gazaouis menacés de renvoi», 25.02.2026 ; 24heures, «Des députés vaudois demandent la suspension des renvois de Palestiniens», 25.02.2026 ; swissinfo.ch, «Des députés demandent la suspension des renvois de Palestiniens», 25.02.2026 ; lfm.ch, «Des députés demandent la suspension des renvois de Palestiniens», 25.02.2026 ; bluewin.ch, «Des députés demandent la suspension des renvois de Palestiniens», 25.02.2026 ; 20minutes, «Soixante élus au secours de deux Gazaouis menacés de renvoi», 25.02.2026.

Cas relatifs

Cas individuel — 17/12/2025

Régularisation refusée après 9 ans de vie en Suisse, à cause d’un séjour de cinq mois en Autriche

Saif*, ressortissant irakien, demande l’asile en Suisse en 2016. Après un refus, il se rend en Autriche où il sollicite également l’asile. Renvoyé en Suisse en 2017 en vertu du règlement Dublin, il survit à l’aide d’urgence. En 2024, il demande la régularisation de son statut auprès de l’Office cantonal de la population qui refuse, au motif que son lieu de séjour n’était pas connu entre octobre 2016 et mars 2017. En mai 2025, après 9 ans d’aide d’urgence, l’état psychique de Saif* se détériore et il suit un traitement médical. Avec l’aide d’une mandataire, il dépose une nouvelle demande de réexamen sur la base de l’art. 83 al. 4 LEI. Le SEM rejette cette demande, estimant que l’accès aux soins est possible en Irak.
Cas individuel — 13/02/2024

Décès d’un jeune demandeur d’asile: la responsabilité directe des autorités suisses

Cas 459 / 13.02.2024 Alam* arrive en Suisse à 17 ans et demande l’asile après avoir vécu des violences en Grèce où il a reçu protection. Les autorités suisses prononcent une non-entrée en matière et son renvoi, malgré des rapports médicaux attestant de la vulnérabilité d’Alam*. Celui-ci met fin à ses jours à la suite du rejet de son recours par le TAF.
Cas individuel — 01/01/2024

Harcelée en Croatie, une famille est menacée d’y être renvoyée

En 2019, Romina* et Khaleel* quittent l’Afghanistan avec leur fille (Emna*), encore mineure et leurs trois fils majeurs. Ils demandent l’asile en Suisse en octobre 2020, après être passé∙es par la Croatie. La famille raconte avoir tenté de passer la frontière entre la Bosnie et la Croatie à plus de 15 reprises, avoir été arrêté∙es par les autorités croates puis maltraité·es, volé·es, déshabillé·es et frappé·es. En février 2020, le SEM rend une décision NEM Dublin. Le mandataire d’Ehsan* et Noura* dépose un recours au TAF contre la décision du SEM. En avril 2021, le SEM annule sa décision de NEM Dublin pour le second fils et sa famille, qui reçoivent une admission provisoire. En juillet 2021, le TAF prononce les arrêts qui rejettent respectivement les recours de Moussa*, de Ehsan* et Noura* et de Romina* et Khaleel*.
Cas individuel — 22/12/2022

Débouté à deux reprises malgré des agressions homophobes attestées en Ukraine

Témoignage – Emir* quitte l’Ukraine en 2020 suite à des persécutions liées à son orientation sexuelle. En Suisse, sa demande d’asile est refusée par le SEM et son recours rejeté par le TAF. Il repart en Ukraine, où il subit de nouvelles violences. Revenu en Suisse, sa demande d’asile essuie le même refus des autorités.