Durcissements à l’encontre des Érythréen·ne·s : une communauté sous pression

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Ce rapport de l’ODAE romand montre les durcissements du droit d’asile qui visent actuellement les Erythréen-ne-s, le plus grand groupe dans le domaine de l’asile en Suisse. « L’Erythrée est un régime autocratique », rappelle Veronica Almedom, codirectrice de l’Information Forum for Eritrea et membre de la Commission fédérale des migrations. Malgré la difficulté d’obtenir des informations indépendantes, « plusieurs sources font état de crimes contre l’humanité commis depuis des années » ajoute Veronica Almedom. Pour Sarah Frehner, collaboratrice juridique à l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés, « ces durcissements ont été décidés sans qu’un réel changement n’ait été constaté sur place, ce qui a été admis par le TAF ». Les juges ont également reconnu que le service national érythréen constitue du travail forcé, mais pas « une violation flagrante ». Depuis cet arrêt de principe de juillet 2018, de plus en plus d’Erythréen-ne-s se retrouvent avec une décision de renvoi. « Malgré un réel besoin de protection, on produit ainsi des situations d’illégalité » affirme Sarah Frehner. « Awat », requérant d’asile de 24 ans, raconte : « j’ai appris le français, j’ai travaillé, j’ai un studio et une piste pour un apprentissage. Avec la décision négative, tous mes efforts sont anéantis ». Sur le terrain, on s’inquiète des conséquences sur les personnes concernées : désintégration sociale et précarisation, sans oublier l’impact psychologique dévastateur. Avec ces menaces de renvoi, qui ne peuvent pas se concrétiser vu l’absence d’accords de réadmission avec Asmara, la Suisse se tire une balle dans le pied et se place au ban du droit international en refusant de reconnaître le besoin de protection de personnes qui fuient un Etat de non droit.

Intervenant∙e∙s à de la conférence de presse du 29 novembre 2018 à la Fraternité :

  • Veronica Almedom, codirectrice de l’Information Forum for Eritrea et membre de la Commission fédérale des migrations.
  • Sarah Frehner, collaboratrice juridique à l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés.
  • “Awat”, requérant d’asile érythréen âgé de 24 ans et actuellement sous le coup d’une décision de renvoi.

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