En 1996, « Saïdou » arrive en Suisse et y dépose une demande d’asile, laquelle est refusée l’année suivante. Par la suite, « Saïdou » continue à y séjourner sans autorisation. En 1997, il est arrêté et placé en détention préventive, accusé d’avoir commis une infraction à la Loi sur les stupéfiants (Lstup). En septembre 1998, après avoir passé près de 19 mois en détention préventive, il est condamné à 18 mois de prison avec 5 ans de sursis. Il sera également emprisonné 5 jours en 2001 pour le même motif. En 2000, il fait la connaissance d’une suissesse avec laquelle il a un enfant en 2003. Le couple se sépare à la fin de la grossesse, mais « Saïdou » reconnaît officiellement son fils avec lequel il entame une relation étroite. Depuis lors, il lui rend visite une à deux fois par semaine au domicile de la mère et pendant de longues heures. Depuis 2009, « Saïdou » exerce également un droit de visite officiel de trois heures par semaine à un point de rencontre.
En 2008, dans l’espoir de rester en Suisse auprès de son fils, « Saïdou » dépose une demande de permis B humanitaire auprès de l’office cantonal de la population (OCP). « Saïdou » écrit au sujet de son fils: « j’aimerais non seulement le voir grandir et participer à son éducation, mais contribuer également au niveau financier à son entretien, objectif que je ne peux pour l’instant pas atteindre faute de permis et d’emploi fixe ».
En avril 2010, l’autorité cantonale se prononce pour l’octroi d’une autorisation de séjour au sens de l’
art. 30 al. 1 let. b LEtr, mais l’ODM la refuse et prononce une décision de renvoi hors de Suisse. À l’appui de sa décision, l’autorité fédérale relève l’existence des deux condamnations pénales malgré leur ancienneté, le sursis accompagnant la première et le caractère très limité de la deuxième. Par ailleurs, la relation que « Saïdou » entretient avec son fils, laquelle est qualifiée par la mère d’« affection assidue » et de « bienveillante affection » ne justifie pas, selon l’ODM, le droit au respect de la vie privée et familiale prévu par l’
art. 8 CEDH. L’autorité fédérale retient que « Saïdou » « n’a jamais vécu avec son fils », quand bien même il n’a jamais cessé de lui rendre visite depuis sa naissance. En définitive, l’ODM est d’avis qu’« un départ de Suisse de l’intéressé compliquera certes la relation avec son enfant. Celle-ci pourra cependant s’exercer depuis l’étranger par des contacts téléphoniques par exemple ».
En octobre 2010, « Saïdou » dépose un recours au TAF dans lequel il fait valoir, outre le caractère limité de ses condamnations, le respect de l’
art. 3 CDE. En outre, invoquant l’
art. 8 CEDH, « Saïdou » argue que son intérêt privé, ainsi que celui de son fils, à poursuivre une relation étroite et effective en Suisse devrait l’emporter sur l’intérêt public à le renvoyer. À ce sujet, l’enseignante de l’enfant écrit dans une lettre que : « le renvoi de Saïdou serait sans aucun doute un traumatisme énorme pour son petit garçon de 7 ans (…) comment expliquer à l’enfant que son pays refuse d’accueillir son père biologique ! ». A fortiori, l’assistante sociale au Service de la protection des mineurs souligne la qualité et l’importance de la relation père-fils, laquelle est défendue également par la mère qui écrit que son fils a « le droit de bénéficier d’un contact direct avec son père. Il est sa famille, rien à ses yeux ne peut justifier une telle privation ». Au moment de la rédaction de la fiche, le TAF doit encore statuer sur le recours.
Signalé par : Centre de Contact Suisses-Immigrés (CCSI) de Genève, octobre 2010.
Sources : demande OCP (12.12.08) ; préavis OCP (28.04.10) ; décision ODM (13.09.10) ; recours au TAF (12.10.10) ; autres pièces utiles au dossier.