Vers une utilisation décomplexée de l’IA pour traiter les procédures d’asile?
Suisse, 07.09.2026 – Une décision de plusieurs pages produites par le SEM concernant une demande d’asile en Valais semble avoir été produite à l’aide de l’Intelligence artificielle (IA). Le cas est apparu en juin dernier à la Conférence romande des permanences juridiques pour requérant·es d’asile (Copera). Les juristes ont été appelé·es à signaler toutes traces suspectes d’une utilisation problématique de l’IA dans des décisions ou des extraits émis par le SEM, à l’OSAR.
Bien que le SEM n’admet pas une utilisation généralisée de cet outil, il est certain qu’il est utilisé de manière individuelle par les employé·es, signale le directeur de l’association elisa-asile, Marc Baumgartner.
Le SEM est encore en étude sur l’utilisation officielle de l’IA pour le traitement des demandes d’asile. Après une demande du Conseil national au sujet d’un programme pilote, plusieurs usages potentiels ont été avancés, dont le repérage de documents frauduleux et la pratique maintes fois décriée de l’estimation de l’âge. À la fin de l’année, l’Office fédéral de la justice devra rendre une proposition de projet où les questions de transparence et d’information devront être mentionnées.
La porte-parole du SEM espère rassurer en stipulant qu’il ne s’agit pour le moment que de réfléchir sur l’utilisation de l’IA pour les procédures d’asile en posant les premières bases légales, à savoir la protection de données, déjà réglementée sur le site de la Confédération. Elle estime qu’il est trop prématuré pour poser des limites, malgré des dérives déjà observées.
Source: le Courrier, «Des traces d’IA dans les décisions d’asile», 07.09.2026.