Échec des Centres fédéraux d’asile: le SEM cherche des voies de secours

Berne, janvier 2026 – Le dysfonctionnement intrinsèque au système des Centres fédéraux d’asile (CFA) n’est plus à démontrer (voir notre brève). Tacler suite à des violences commises par les personnes chargées de l’encadrement dans les CFA sur les personnes en demande d’asile, le SEM tente de rebondir. Deux nouvelles propositions: un nouveau plan d’hébergement et un mandat – financé par les autorités – pour enregistrer les plaintes adressées par les personnes hébergées dans les CFA à l’encontre… des autorités. Un mandat d’ores et déjà considéré comme insuffisant par les associations de terrain.

Sources: admin.ch, «Nouveau plan d’hébergement pour soulager les centres fédéraux pour requérants d’asile», 17.12.2025 ; le Courrier, «Signaler les dysfonctionnements de l’asile», 18.01.2026 ; Solidarité sans frontières, «Mesures insuffisantes contre la violence dans les CFA», 21.01.2026.

Voir également: ODAE romand, «CFA du Grand-Saconnex: les conditions de vie pointées du doigt», brève, 05.11.2025 ; ODAE romand, «Pacte européen sur l’asile: les associations tirent la sonnette d’alarme», brève, 14.11.2024.

Cas relatifs

Cas individuel — 01/06/2026

Malgré 19 ans passés en Suisse et quatre enfants nés ici, il est menacé d’expulsion

Ousmane* et Amy* vivent en Suisse sans statut de séjour, avec leurs quatre enfants, tous nés en Suisse. Depuis son arrivée en 2007, Ousmane* a toujours travaillé. Pour pallier les difficultés à trouver un emploi sans permis, il se procure de faux papiers d’identité en France qui lui permettent d’obtenir un permis frontalier. Il parvient ainsi à subvenir aux besoins de sa famille. Mais l’utilisation de faux documents est découverte et il est condamné, en 2016, à une peine pécuniaire avec sursis. En 2022, après 15 ans de séjour en Suisse, il dépose une demande de régularisation, rejetée par les autorités cantonales et fédérales au motif d’une condamnation d’Ousmane* en 2016 et d’une condamnation pour séjour et travail illicites de Amy*. Le couple obtient seulement une autorisation de courte durée pour pouvoir se marier, mais un ordre d’expulsion de toute la famille leur est adressé dès leur mariage conclut. Un recours est actuellement en examen à la CourEDH.
Cas individuel — 03/12/2025

Son traitement médical est interrompu à cause d’un manque de communication entre les autorités fédérales et cantonales

Le traitement médical de Zeynep* est interrompu lors de son transfert du Centre fédéral d'asile au canton auquel elle est attribuée, en raison d'un manque de communication autour de ses besoins médicaux et de l'absence de vérification que les soins nécessaires sont disponibles dans le canton.
Cas individuel — 09/09/2024

Le TAF suspens le renvoi d’un Palestinien vers le Liban en raison des coupes budgétaires infligées à l’UNRWA

Palestinien originaire du camp de réfugié·es de Rashidieh au Sud-Liban, Tareq* dépose un recours contre le rejet de sa demande d'asile, prononcé par le SEM en février 2024. Dans son arrêt du 16 mai 2024, le TAF reconnait que le SEM aurait du tenir compte de la récente détérioration de la situation au sud du pays depuis le 7 octobre 2023, ainsi que celle de la situation financière de l’UNRWA, affectée par de nombreuses coupures budgétaires. Le TAF admet partiellement le recours et renvoie l’affaire au SEM pour une nouvelle décision.
Cas individuel — 25/01/2024

Javier* et Lilian*, expulsé·es suite à un accident de travail sur un chantier

Cas 455 Victime d’un accident de travail, Javier* est reconnu invalide par l’AI. Les autorités ordonnent cependant son renvoi de Suisse ainsi que celui de son épouse. Elles ne lui reconnaissent pas le droit de demeurer en Suisse, considérant qu’il n’avait pas la qualité de travailleur au moment de son accident puisqu’il ne totalisait pas une année de travail en Suisse. La lenteur de la procédure et la décision d’expulsion impacte la santé mentale de Javier* qui souffre déjà d’autres problème de santé. Son épouse Lilian* cumule des emplois de nettoyages peu rémunérés et instables mais les autorités leur refusent un permis de séjour sur cette base, arguant qu’il s’agit d’«activités marginales et accessoires».