Échec des Centres fédéraux d’asile: le SEM cherche des voies de secours

Berne, janvier 2026 – Le dysfonctionnement intrinsèque au système des Centres fédéraux d’asile (CFA) n’est plus à démontrer (voir notre brève). Tacler suite à des violences commises par les personnes chargées de l’encadrement dans les CFA sur les personnes en demande d’asile, le SEM tente de rebondir. Deux nouvelles propositions: un nouveau plan d’hébergement et un mandat – financé par les autorités – pour enregistrer les plaintes adressées par les personnes hébergées dans les CFA à l’encontre… des autorités. Un mandat d’ores et déjà considéré comme insuffisant par les associations de terrain.

Sources: admin.ch, «Nouveau plan d’hébergement pour soulager les centres fédéraux pour requérants d’asile», 17.12.2025 ; le Courrier, «Signaler les dysfonctionnements de l’asile», 18.01.2026 ; Solidarité sans frontières, «Mesures insuffisantes contre la violence dans les CFA», 21.01.2026.

Voir également: ODAE romand, «CFA du Grand-Saconnex: les conditions de vie pointées du doigt», brève, 05.11.2025 ; ODAE romand, «Pacte européen sur l’asile: les associations tirent la sonnette d’alarme», brève, 14.11.2024.

Cas relatifs

Cas individuel — 05/05/2026

Le Tribunal fédéral confirme la nécessité d’une protection des employé·es de diplomates face à une «exploitation notoire»

Anita* arrive en Suisse en 2002 en tant qu’employée de P., haut-cadre à la mission permanente du Pakistan basée à Genève. Mais P. ne lui verse aucun salaire. Au gré des rocades entre diplomates, elle est liée par contrat à six d’entre eux qui l’emploient tous à temps partiel, sans rémunération. Son dernier employeur, auprès de qui elle travaille depuis 2020, est particulièrement exigeant: elle dé-nonce ses conditions de travail, mais est licenciée. Anita* dépose une requête en conciliation, réclamant des indemnités pour licenciement abusif. Mais P. invoque l’immunité de juridiction, dé-coulant de son statut de diplomate, et ne se présente pas à l’audience. Anita* dépose alors plainte auprès des Prud’hommes, qui prononcent le retrait de l’immunité de P. Ce dernier fait recours au-près du Tribunal fédéral, qui rejette sa requête. Dans son arrêt, le TF reconnait une «exploitation notoire» du personnel des diplomates, et conclut à une interprétation restrictive de l’immunité de ces derniers.
Cas individuel — 03/12/2025

Son traitement médical est interrompu à cause d’un manque de communication entre les autorités fédérales et cantonales

Le traitement médical de Zeynep* est interrompu lors de son transfert du Centre fédéral d'asile au canton auquel elle est attribuée, en raison d'un manque de communication autour de ses besoins médicaux et de l'absence de vérification que les soins nécessaires sont disponibles dans le canton.
Cas individuel — 30/01/2024

Gravement atteint dans sa santé, il survit à l’aide d’urgence depuis 7 ans

«Je n’ai pas de permis, je dois donc me battre à deux niveaux: pour ma situation administrative et pour ma santé.» Atteint d’une maladie grave qui affecte le système nerveux, Badri* est venu en Suisse afin d’être soigné car il ne pouvait pas l’être en Géorgie. Il demande l’asile, mais sa requête est rejetée par le SEM qui ordonne son renvoi. Badri perd peu à peu son autonomie, son corps se paralyse. Une opération en 2021 lui redonne une mobilité partielle, mais il a besoin d’un suivi médical pluridisciplinaire régulier. Il demande alors le réexamen de la décision du SEM en démontrant l’absence de soins en Géorgie, mais il reçoit à nouveau une réponse négative. Depuis sept ans, Badri survit donc avec une aide d’urgence de 275 CHF/mois.
Cas individuel — 25/01/2024

Javier* et Lilian*, expulsé·es suite à un accident de travail sur un chantier

Cas 455 Victime d’un accident de travail, Javier* est reconnu invalide par l’AI. Les autorités ordonnent cependant son renvoi de Suisse ainsi que celui de son épouse. Elles ne lui reconnaissent pas le droit de demeurer en Suisse, considérant qu’il n’avait pas la qualité de travailleur au moment de son accident puisqu’il ne totalisait pas une année de travail en Suisse. La lenteur de la procédure et la décision d’expulsion impacte la santé mentale de Javier* qui souffre déjà d’autres problème de santé. Son épouse Lilian* cumule des emplois de nettoyages peu rémunérés et instables mais les autorités leur refusent un permis de séjour sur cette base, arguant qu’il s’agit d’«activités marginales et accessoires».