Appel en faveur d’une procédure d’asile considérant les violences subies par les femmes

Le 8 mars, le collectif « Appel d’elles » a déposé un texte doté de 8’371 signatures à la Chancellerie fédérale. Lancé il y a un an, cet appel demande que les violences à l’encontre des femmes soient considérées avec plus d’attention dans les procédures d’asile et particulièrement dans le cadre des renvois Dublin. La prise en compte des motifs de fuite propres aux femmes est inscrite dans la loi sur l’asile depuis 1998. Cependant, les membres du collectif soulignent que les violences subies durant le parcours migratoire, dans le pays d’origine ou parfois même dans le pays d’accueil ne sont pas suffisamment considérées. Ces femmes et leurs enfants portent pourtant de nombreuses séquelles physiques et psychologiques de ces événements.

Sources : Le Courrier, Appel d’elles, le «MeToo» de la migration féminine oubliée des médias, 8 mars 2018 ; Gauchebdo, La machine de l’asile méprise les femmes, 8 mars 2018 ; voir également les témoignages publiés par Le Courrier dans les semaines précédant le dépôt de l’appel.

Cas relatifs

Cas individuel — 20/11/2018

Après 4 ans éprouvants, une mère et sa fille reçoivent une admission provisoire

Après avoir déposé une demande d’asile en Suisse, une famille tchétchène vit quatre ans dans l’attente d’une décision. Durant cette période, qui débouche sur une admission provisoire en Suisse, « Larisa » et sa fille « Selina » sont éprouvées psychiquement et physiquement. Après que « Selina » ait été contrainte à un mariage forcé, elles doivent également faire le deuil de leur fils et frère « Aslan », assassiné en Russie suite à son renvoi par la Suisse.
Cas individuel — 16/12/2016

Le SEM conteste la qualité de réfugiée à une enfant victime d'excision et de viol

Ayant subi une excision et un viol dans son pays d’origine, « Asta » cherche refuge en Suisse. Le SEM lui conteste la qualité de réfugiée, lui reprochant de ne pas avoir porté plainte en Ethiopie. La décision est finalement cassée par le TAF qui rappelle la protection particulière à laquelle ont droit les victimes de mutilations génitales féminines (MGF).
Cas individuel — 17/03/2014

Mineure et fuyant un mariage forcé, elle ne peut entrer en Suisse

L’adolescente « Eden » est contrainte de fuir le domicile familial parce que son père a organisé son mariage forcé. Vivant cachée avec sa mère car activement recherchée, elle dépose une demande de visa humanitaire à l’ambassade suisse d’Addis-Abeba mais essuie un refus. Le TAF confirme cette décision arguant qu’elle ne court pas de « danger imminent ».
Cas individuel — 16/01/2014

5 mineurs attendent plus d’un an pour
rejoindre leur mère en Suisse

Après avoir fui la guerre en Somalie, « Halima » et ses cinq petits-enfants vivent en Éthiopie dans une précarité extrême. Leur demande d’entrée en Suisse, pays où vit « Amal », respectivement leur fille et mère titulaire d’un permis F, n’aboutit que 20 mois plus tard, après le décès d’« Halima ».