Afran*, d’origine kurde de Turquie, arrive en Suisse en 2023 pour y demander l’asile. Journaliste, il est aussi activiste politique dans son pays d’origine. Il obtient rapidement un permis B réfugié et réside dans le canton du Valais. Afran*, qui souhaite reprendre son métier, mais qui fait face à des difficultés pour trouver un emploi en Suisse, s’inscrit à l’Université de Fribourg en mars 2025. Alors qu’il est accepté pour la rentrée de septembre 2025, son assistant social refuse catégoriquement ce projet: «[il] m’a expliqué que Fribourg, c’est trop loin, et que je ne pouvais donc pas faire mon master là-bas. Il m’a montré une liste de métiers et m’a dit: «les médecins, ingénieurs, journalistes, lorsque vous arrivez en Suisse vous devez choisir dans cette liste un métier et nous allons vous chercher un travail. Tu dois travailler à 80/100% et après, si tu veux, tu étudies, mais avant tu dois trouver un métier et travailler». Afran* explique que les métiers listés concernaient les domaines du nettoyage, de la peinture, du bâtiment, des soins et de la menuiserie.
Malgré une blessure datant de la période où il vivait en Turquie, et qui le met en incapacité de travailler dans des métiers exigeant une implication physique, l’assistant social d’Afran* insiste pour qu’il fasse un stage dans le bâtiment. Ce, alors même que plusieurs certificats médicaux attestent de son incapacité de travailler. Afran* refuse à plusieurs reprises les propositions de son assistant, mais finit par céder sous la pression. Il commence un stage en février 2026. Après quelques jours de travail physiquement éprouvant, Afran* développe des douleurs intenses au genou qui l’obligent à arrêter. Il fait part de sa décision à son assistant social, qui appelle le médecin traitant d’Afran* pour tenter de le convaincre du bien-fondé du stage et de la nécessité de le poursuivre. Le médecin d’Afran* confirme cependant l’arrêt de travail. À la suite de cette blessure, Afran* devra être opéré du genou. Il est actuellement en rééducation et cherche activement un emploi, tout en espérant toujours pouvoir reprendre ses études.